Libye : la France participera à l’opération militaire
L’Union européenne mettra en oeuvre la résolution de l’ONU "dans le cadre de son mandat". L’Allemagne est toujours opposée à toute intervention militaire.
L’Union européenne mettra en oeuvre la résolution de l’ONU « dans le cadre de son mandat ». L’Allemagne est toujours opposée à toute intervention militaire.
Les Nations unies ont autorisé jeudi 17 mars au soir le recours à la force contre l’armée de Mouammar Kadhafi. Cette décision ouvre la voie à des frappes aériennes en Libye au lendemain des nouvelles menaces proférées par le dirigeant libyen.
Selon une source diplomatique française, des opérations militaires pourraient être lancées « en quelques heures ».
Les militaire français « participeront »
La France participera aux opérations militaires contre la Libye rendues possibles dans la nuit de jeudi à vendredi par une résolution du conseil de sécurité de l’Onu, a dit le porte-parole du gouvernement François Baroin.
« Les Français qui étaient aux avant-postes de cette demande seront naturellement cohérents avec l’intervention militaire », a-t-il dit sur RTL. Prié de préciser sa réponse, il a déclaré : « ils participeront ».
Il a cependant précisé sur RTL qu’il ne s’agissait pas d’occuper la Libye mais d’aider le mouvement de révolte à prendre le dessus sur les forces de Mouammar Kadhafi.
« (C’est) une intervention militaire qui n’est pas, je le rappelle, une occupation du territoire libyen, mais qui est un dispositif de nature militaire pour protéger le peuple libyen et lui permettre d’aller jusqu’au bout de son souffle de liberté », a-t-il ajouté.
L’intervention pourrait également être menée par le Royaume-Uni, les États-Unis et plusieurs pays arabes.
Le Conseil de l’Atlantique nord (Otan), où siègent les ambassadeurs des 28 pays alliés doit se réunir à 10h30 vendredi matin. Il s’agit de « discuter des implications de la résolution » et de l’état d’avancement de « la planification » des opérations « destinée à faire face à toute éventualité », a déclaré la porte-parole de l’organisation, citée par l’AFP.
« Pour toute opération Otan, il faut que soit démontrée la nécessité pour l’Alliance d’agir, qu’il y ait un soutien régional ferme, et une base juridique claire, comme l’ont décidé les ministres de la Défense de l’Otan », la semaine dernière à Bruxelles, a-t-elle souligné.
Abstention allemande
La résolution préparée par la France et le Royaume Uni a été approuvée par dix voix pour et cinq abstentions, dont celle de la Chine, de la Russie et de l’Allemagne.
Au-delà d’une zone d’exclusion aérienne dans le ciel libyen, le Conseil de sécurité a également autorisé « toutes les mesures nécessaires » – en langage diplomatique des actions militaires – pour assurer la protection des populations civiles face à l’armée de Mouammar Kadhafi.
Le texte de résolution prévoit également un renforcement des sanctions existantes : embargo sur les armes, gel des avoirs du n°1 libyen et de ses proches, ouverture d’une procédure devant la Cour pénale internationale (CPI) contre les responsables de crimes contre l’humanité.
Mettre en oeuvre la résolution
Dans un communiqué, l’Union européenne s’est dit prête à mettre en oeuvre la résolution « dans le cadre de son mandat et de ses compétences. »
En Italie, une source proche du gouvernement a indiqué que Rome était disposée à prêter ses bases militaires. Sa base de Sinonella en Sicile est la base militaire de l’Otan la plus proche de la Libye et pourrait être utilisée en cas d’intervention militaire.
Le Canada va pour sa part envoyer six avions de chasse pour permettre la mise en oeuvre de la zone d’exclusion aérienne, selon la chaîne de télévision CTV News.
L’Allemagne, qui s’est abstenue de voter la résolution, a, au contraire, réitéré son opposition à toute intervention militaire, estimant qu’elle constituerait « un risque et un danger considérables. »
Coordination étroite
A Tripoli, le vice-ministre libyen des Affaires étrangères Khalid Kaim a fait savoir que la Libye était prête à respecter un cessez-le-feu mais souhaitait discuter auparavant de sa mise en oeuvre.
Lors d’un entretien téléphonique dans la nuit de jeudi à vendredi, le président américain Barack Obama, le Premier ministre britannique David Cameron et le chef de l’État français se sont mis d’accord pour se « coordonner étroitement dans les prochaines étapes » et « continuer à travailler avec les partenaires arabes et les autres partenaires internationaux. »