L’industrie de la défense de l’UE est confrontée à un manque de personnel
Un projet de la Commission européenne visant à renforcer les capacités de production de munitions en Europe, notamment via la formation de personnel, risque d’alourdir la charge pour les entreprises du secteur de la défense qui ont déjà du mal à recruter.
Un projet de la Commission européenne visant à renforcer les capacités de production de munitions en Europe, notamment via la formation de personnel, risque d’alourdir la charge pour les entreprises du secteur de la défense, qui ont déjà du mal à recruter.
Ce mercredi (3 mai), la Commission européenne a présenté sa proposition d’acte de soutien à la production de munitions (Act in Support of Ammunition Production, ASAP) visant à inciter l’industrie européenne de la défense à augmenter ses capacités de production en investissant dans la chaîne d’approvisionnement, dans des machines ou dans du personnel.
L’objectif du plan est que l’industrie de la défense du bloc soit en mesure de produire un million d’obus sur un an.
L’un des obstacles que l’exécutif européen propose de lever pour stimuler la production est une dérogation règlementaire qui assouplirait les règles limitant le travail de nuit dans les États membres de l’UE qui ne l’autorisent pas à l’heure actuelle.
Difficultés de recrutement
Plusieurs industriels ont indiqué à EURACTIV en amont de la présentation de la proposition que les entreprises du secteur de la défense, y compris les plus grandes, ont du mal à recruter du personnel pour travailler dans leurs usines.
« Nous avons du mal à recruter du personnel », ont indiqué deux industriels à EURACTIV sous couvert d’anonymat.
Les ingénieurs et les personnes effectuant des travaux manuels sont des ressources humaines essentielles, ont-ils poursuivi.
Si les usines ne trouvent pas de personnes pour assembler les équipements ou faire fonctionner les machines, elles ne seront pas en mesure d’augmenter la production, ont-ils souligné.
Les industriels ont indiqué qu’une vision à long terme concernant les commandes et des investissements contribuerait également à l’embauche des employés. En effet, sans vision à long terme, les entreprises ne peuvent pas non plus proposer de contrats à long terme aux employés, ce qui rendra encore plus difficile l’embauche ou la formation du personnel.
Interrogé sur ce problème, le commissaire européen au Marché intérieur et à l’Industrie de la défense Thierry Breton a indiqué à EURACTIV que la Commission avait « identifié le problème de certaines pénuries de compétences ».
« Sur tous les sites [d’usines] que j’ai visités, nous avons parlé, avant tout, de compétences, parce qu’il y a des femmes et des hommes qui font fonctionner les systèmes et les machines », a poursuivi M. Breton.
Toutes les tâches ne nécessitent pas le même niveau de formation, mais « certaines, par exemple en pyrotechnie ou en technologie » requièrent une formation plus longue, a-t-il ajouté.
Mobiliser les compétences
Sans préciser de quels États membres il parlait, M. Breton a déclaré que certains avaient exprimé leurs besoins et proposé des plans pour accélérer les choses.
« Nous pouvons utiliser le Fonds social européen. Quand on parle d’économie de guerre, on essaie de trouver des solutions, on pense hors des sentiers battus. »
Le commissaire européen a cité l’exemple de la production de vaccins contre la Covid-19 et la décision de « créer une sorte de réservoir de compétences et de mettre en place des partenariats avec des transferts de compétences » entre les États.
« Certaines industries [du secteur de la défense] travaillaient beaucoup en vase clos et ne voyaient pas vraiment ce qui se passait à côté », a-t-il souligné.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]