L'Iran maintient son ambassadeur au Liban malgré l’ordre d’expulsion

Le déclencheur de cette impasse a été la déclaration de l'ambassadeur selon laquelle toute initiative libanaise visant à désarmer le Hezbollah devait être abandonnée

AFP with Euractiv
Le président libanais Joseph Aoun prononce un discours aux côtés du chef de l’État du Vatican, le pape Léon XIV, au palais présidentiel de Baabda, le 30 novembre 2025 à Beyrouth, Liban. [Photo : Stringer/Anadolu via Getty Images]

L’Iran a annoncé lundi que son ambassadeur au Liban resterait dans le pays bien qu’il ait été déclaré persona non grata et sommé de quitter le territoire.

« Notre ambassadeur, suite aux déclarations des instances libanaises compétentes et aux conclusions auxquelles elles sont parvenues, poursuivra sa mission à Beyrouth et se trouve toujours sur place », a assuré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, lors d’un point presse hebdomadaire, ajoutant que l’ambassade d’Iran à Beyrouth restait « opérationnelle ».

Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, avait déclaré l’envoyé, Mohammad Reza Shibani, persona non grata et lui avait ordonné de quitter le pays avant dimanche.

Le déclencheur de cette impasse a été la déclaration de Shibani, faite quelques jours avant la répression du gouvernement, selon laquelle toute tentative libanaise visant à désarmer le Hezbollah devait être annulée – des propos largement interprétés comme une ingérence flagrante dans les affaires intérieures.

Tout cela se déroule dans le contexte de la campagne menée actuellement par Israël contre le Hezbollah au Liban, ce qui accentue l’urgence de la situation.

Pour les observateurs internationaux, cet épisode est devenu un test décisif.

Les récentes décisions du Liban – interdire la branche militaire du Hezbollah et restreindre l’influence du Corps des gardiens de la révolution islamique – étaient considérées comme un tournant potentiel. Ne pas aller jusqu’au bout, en particulier dans l’affaire très médiatisée de l’ambassadeur, renforcerait l’impression d’un État toujours contraint par l’influence du Hezbollah sur le plan national et l’emprise régionale de l’Iran.

On ignore encore comment le Liban va réagir ni quel impact cette situation pourrait avoir sur les relations diplomatiques. L’ambassadeur iranien se trouverait à l’intérieur de l’ambassade et bénéficierait, semble-t-il, de l’immunité diplomatique.

(cs)