L'Italie et la Hongrie, une véritable lune de miel
La présidente hongroise Katalin Novák s’est rendue en Italie pour y rencontrer ses homologues, profitant de l’occasion pour évoquer les « similitudes » entre les deux pays.
La présidente hongroise Katalin Novák s’est rendue en Italie pour y rencontrer ses homologues, profitant de l’occasion pour évoquer les « similitudes » entre les deux pays, notamment autour du combat contre l’immigration irrégulière, l’élargissement aux Balkans occidentaux et les valeurs familiales.
Mme Novák s’est rendue à Rome pour y rencontrer les chefs du gouvernement italien ainsi que la Première ministre Giorgia Meloni. « Notre solide amitié reflète les relations chaleureuses entre l’Italie et la Hongrie », a commenté Mme Meloni sur Twitter à l’issue de la rencontre au Palazzo Chigi.
La première femme et la plus jeune présidente de Hongrie, Mme Novák, a déclaré sur Twitter qu’elle avait parlé avec Mme Meloni de la question de l’immigration: « la Hongrie et l’Italie ont toutes deux une opinion claire, l’immigration illégale est à proscrire ! » a-t-elle indiqué sur les réseaux sociaux.
Au cours de sa visite, la présidente hongroise a rencontré le président de la République italienne, Sergio Mattarella. Les discussions ont notamment porté sur l’intégration rapide des Balkans occidentaux dans l’UE « dans l’intérêt de l’Europe », la diversification des approvisionnements énergétiques et la protection des chrétiens comme « responsabilité commune ».
Le jour même, elle a également mené des entretiens avec le président du Sénat italien, Ignazio La Russa (Fratelli d’Italia/CRE) et le président de la Chambre des députés, Lorenzo Fontana (Lega/Id).
La rencontre avec M. La Russa a porté sur les défis démographiques et les solutions que le gouvernement hongrois « a apportées et continuera d’apporter à l’avenir ».
Lors d’un entretien accordé au quotidien Corriere della Sera, Mme Novák s’est définie comme une chrétienne, conservatrice, fière de représenter sa patrie : « une identité forte et l’affirmation des intérêts nationaux sont essentielles. (…) En ce qui concerne les intérêts et les identités nationales, l’Italie est un bon exemple de l’importance que les citoyens accordent à ces valeurs. »
« Aujourd’hui, l’Italie dispose d’un gouvernement patriotique, avec un ordre de valeurs chrétiennes qui privilégie les familles. Nous sommes heureux de travailler avec des dirigeants qui défendent les intérêts de leur nation et avec lesquels nous pouvons parler dans le respect mutuel », a-t-elle ajouté.
Mme Novák, amie de Mme Meloni depuis plusieurs années, souligne que les intérêts et les intentions des Hongrois et des Italiens vont dans le même sens en termes « d’action résolue contre l’immigration irrégulière, d’élargissement aux Balkans occidentaux, de protection des chrétiens et de défense des valeurs de la famille. »
Une amitié fragile
En mars 2021, le parti hongrois de droite populiste Fidesz, dont fait partie Mme Novák, a quitté la famille politique de centre droit du Parti populaire européen (PPE) à la suite de tensions liées à la faiblesse de l’État de droit en Hongrie.
La faction « libérale » du PPE, et notamment les partis nordiques de centre droit, ont en effet vivement réagi aux violations successives de l’État de droit par le Premier ministre Viktor Orbán. Lorsque ce dernier a réalisé qu’il existait une majorité suffisante pour éjecter son parti du PPE, il a pris la décision de le quitter volontairement.
Le parti de Mme Meloni, Fratelli D’Italia (Frères d’Italie), appartient au Parti européen des conservateurs et réformistes (CRE). Toutefois, pour devenir Première ministre, elle s’est associée à Forza Italia, qui est membre du PPE, ainsi qu’à la Lega, parti d’extrême droite de Matteo Salvini.
Une telle coalition entre le CRE et le PPE a été saluée par le chef du PPE, Manfred Weber, lors d’une visite à Rome avant les élections. Le responsable politique bavarois a notamment déclaré que Forza Italia devrait participer à un tel gouvernement afin de s’assurer que Mme Meloni suivrait les intérêts de l’UE.
Ce « numéro de charme » s’est poursuivi après les élections, lorsque le 5 janvier, M. Weber a rencontré Mme Meloni à Rome, pour discuter d’une éventuelle collaboration entre les partis de centre droit et d’extrême droite au niveau européen.
Cette rencontre a déclenché la réaction des partis de droite allemands. « Il n’y a aucune raison de poursuivre la coopération avec les autres partis du gouvernement italien au Parlement européen, tant qu’ils coopèrent avec des forces ouvertement anti-européennes telles que l’AfD allemand », a déclaré à EURACTIV Allemagne le porte-parole de la politique étrangère du groupe de partis chrétiens démocrates (CDU/CSU) au Bundestag, Jürgen Hardt.
Un haut responsable du PPE a par ailleurs confié à EURACTIV.com qu’un tel « rapprochement » avec Mme Meloni n’a été « ni discuté ni convenu au sein du parti ». « Il existe une majorité claire opposée à une telle coopération », a précisé le responsable du PPE.