L’Italie et l’UE s’opposent dans l’affaire ITA-Lufthansa

Le sort de la fusion entre Lufthansa et la compagnie italienne ITA Airways, basée sur un accord signé avec le gouvernement italien en mai, est incertain, alors que la Première ministre Giorgia Meloni a interrogé la Commission européenne sur le retard de son approbation de l’opération.

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La compagnie aérienne allemande Lufthansa doit acquérir une participation de 41 % dans la société ITA Airways pour un investissement de 325 millions d’euros, avec une option d’achat des actions restantes à une date ultérieure. [SHUTTERSTOCK/Davide Calabresi]

Le sort de la fusion entre Lufthansa et la compagnie italienne ITA Airways, basée sur un accord signé avec le gouvernement italien en mai, est incertain, alors que la Première ministre Giorgia Meloni a interrogé la Commission européenne sur le retard de son approbation de son approbation de l’opération lors du sommet du G20 à New Delhi.

La compagnie aérienne allemande Lufthansa doit acquérir une participation de 41 % dans la société ITA Airways pour un investissement de 325 millions d’euros, avec une option d’achat des actions restantes à une date ultérieure. Toutefois, l’absence de feu vert de la Commission européenne a incité Mme Meloni à exprimer sa déception lors du sommet du G20 qui a eu lieu ce week-end (9-10 septembre) à New Delhi.

« Il est étrange que la Commission européenne bloque la solution au problème d’ITA », a déclaré Mme Meloni lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion du sommet.

La question a également été abordée lors d’une réunion entre le ministre de l’Économie Giancarlo Giorgetti (Lega, Identité et Démocratie) et le ministre allemand des Finances Christian Lindner (FDP, Renew) avant le sommet.

« La Commission européenne, qui nous demande depuis des années de trouver une solution au problème de l’ITA, bloque cette solution dès que nous en trouvons une. Nous ne comprenons donc plus et nous voudrions une réponse », a déclaré Giorgia Meloni. La Première ministre en a profité pour lancer une nouvelle pique au commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Paolo Gentiloni, que M. Giorgetti a interrogé sur le dossier.

Cependant, alors que le ministère italien de I’Économie a déclaré dans une note que le dossier n’avait pas encore reçu le feu vert de la Commission, l’exécutif européen affirme pour sa part n’avoir reçu aucune notification concernant l’accord, un porte-parole rappelant que c’est aux parties impliquées dans l’accord de notifier la transaction.

« La Commission reste en contact étroit avec les deux parties pour discuter de l’opération avant sa notification officielle. Ces contacts préalables à la notification sont permanents et font partie du processus standard d’évaluation d’une opération complexe », a ajouté une source de l’UE.

Le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, qui est en charge du dossier depuis le départ de l’ancienne commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager, devrait bientôt rencontrer M. Giorgetti, a annoncé le ministère italien de l’Économie.

« La notification de l’accord de vente d’une participation minoritaire d’ITA à Lufthansa à la Commission européenne de la concurrence n’est acceptée, selon la pratique, qu’à la fin d’une enquête que la Commission mène elle-même très méticuleusement dans le cadre d’une phase de prénotification qui a déjà commencé », peut-on lire dans une note du ministère italien.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]