L'Italie fait pression pour que l'UE impose des sanctions à Ben-Gvir après l'incident de la flottille
Cette décision fait suite à la vague d'indignation suscitée par une vidéo montrant des militants de la flottille d'aide à Gaza, alors en détention, en train d'être « humiliés » par le ministre
L’Italie a officiellement demandé à l’UE d’envisager des sanctions à l’encontre d’Itamar Ben-Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale.
Antonio Tajani, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères italien, a déclaré jeudi avoir écrit à Kaja Kallas, haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, pour demander que les ministres des Affaires étrangères de l’Union examinent des mesures punitives à l’encontre de Ben-Gvir lors de leur prochaine réunion en juin.
Cette initiative fait suite à la diffusion d’une vidéo publiée mercredi par Ben-Gvir, dans laquelle on voit des militants de la flottille d’aide à Gaza – dont de nombreux citoyens italiens – détenus, à genoux, les mains liées derrière le dos, tandis que le ministre israélien semble se moquer d’eux.
Ces images ont suscité un tollé dans l’ensemble du spectre politique italien et ont provoqué une réaction du gouvernement de Giorgia Meloni mercredi.
« Au nom du gouvernement italien, je viens de demander officiellement à la haute représentante Kaja Kallas d’inscrire à l’ordre du jour de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE l’adoption de sanctions contre le ministre israélien de la Sécurité nationale Ben-Gvir », a déclaré Tajani sur les réseaux sociaux.
Tajani a accusé Ben-Gvir d’être responsable d’« actes inacceptables commis contre la flottille », et a souligné que les militants avaient été victimes de « harcèlement et d’humiliation, en violation des droits humains les plus fondamentaux ».
L’Italie fait partie des pays de l’UE, dont l’Allemagne, qui continuent de bloquer la suspension de l’accord d’association UE-Israël, qui requiert l’unanimité.
Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, a pris ses distances par rapport à la manière dont Ben-Gvir a géré l’incident.
« La manière dont le ministre Ben-Gvir a traité les militants de la flottille n’est pas conforme aux valeurs et aux normes d’Israël. J’ai donné instruction aux autorités compétentes d’expulser les provocateurs dès que possible », a-t-il déclaré mercredi.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a formulé une réprimande encore plus sévère, accusant Ben-Gvir de nuire à la réputation internationale d’Israël.
Les Israéliens voteront en octobre prochain lors des élections législatives les plus controversées que le pays ait connues depuis des décennies, et les premières depuis les attaques du 7 octobre et les guerres régionales qui ont suivi.
La semaine dernière, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont convenu d’imposer des sanctions aux colons israéliens extrémistes liés à la recrudescence de la violence contre les Palestiniens en Cisjordanie.
(mm)