Nouvelle enquête sur Zapatero concernant des bijoux d'une valeur de 1,3 million d'euros

L'ancien Premier ministre faisait déjà l'objet d'une enquête concernant un réseau présumé de trafic d'influence et de blanchiment d'argent

EURACTIV.com
L'ancien Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero [Photo : Eduardo Parra/Europa Press via Getty Images]

MADRID – La pression s’intensifie sur l’ancien Premier ministre José Luis Rodríguez Zapatero suite à l’ouverture, vendredi, d’une enquête distincte à son encontre par la plus haute juridiction pénale espagnole pour des faits présumés de contrebande et de fraude fiscale.

Cette nouvelle enquête porte sur plus de 100 bijoux que des agents de police ont découverts le mois dernier lors d’une perquisition au bureau privé de Zapatero, d’une valeur estimée à plus de 1,3 million d’euros, selon le communiqué de la cour.

Le juge José Luis Calama a déclaré que l’origine légale de ces bijoux n’est « pas justifiée à l’heure actuelle ». Leur possession, combinée à l’absence de documents fiscaux relatifs à leur acquisition, constitue « une preuve objective et raisonnable de l’existence possible d’une fraude fiscale importante ».

Il a également estimé qu’il y a lieu d’enquêter sur d’éventuelles infractions de contrebande, soulignant que les biens auraient pu entrer dans l’UE « en contournant les contrôles et les obligations fiscales requis ».

En mai, Calama a annoncé l’ouverture d’une enquête pénale historique visant l’ancien Premier ministre, qui a dirigé l’Espagne entre 2004 et 2011, pour son rôle présumé de premier plan dans un réseau de trafic d’influence et de blanchiment d’argent. L’affaire est liée, entre autres allégations, au sauvetage financier de plusieurs millions d’euros de Plus Ultra, une compagnie aérienne espagnole ayant des liens avec le Venezuela.

À l’époque, le juge avait ordonné à des agents de police de perquisitionner des locaux liés à Zapatero, notamment son bureau situé à Madrid, où les bijoux avaient été découverts dans un coffre-fort.

Des photos de ces bijoux ostentatoires ont largement circulé dans la presse nationale, déclenchant un scandale majeur. Zapatero, par l’intermédiaire d’un porte-parole, a estimé la valeur des bijoux entre 30 000 et 50 000 euros, tandis que des proches ont affirmé qu’ils proviennent de sources légitimes, à savoir des cadeaux et des héritages familiaux.

À la suite de la révélation de cette nouvelle enquête, le porte-parole officiel de Zapatero, Luis Arroyo, s’est excusé vendredi d’avoir « induit le public en erreur » concernant la valeur accrue des bijoux et a assuré que Zapatero « fournirait des explications devant le juge ».

Les accusations de corruption portées contre l’ancien dirigeant socialiste ont provoqué une onde de choc au sein du Parti socialiste ouvrier au pouvoir.

Pedro Sánchez, le Premier ministre, a défendu à plusieurs reprises l’innocence de celui qui est largement considéré comme son mentor. Zapatero a nié toute malversation et a été cité à comparaître les 17 et 18 juin.

(mm)