L’Italie qualifie la liste des « russophobes » de Moscou de « propagande »
L’Italie a convoqué l’ambassadeur russe mercredi 30 juillet après que le président italien, le ministre des Affaires étrangères et le ministre de la Défense ont été inscrits par le Kremlin sur une liste de personnes présumées « russophobes ».
Dans cette liste, publiée par le ministère russe des Affaires étrangères, on retrouve les noms du président Sergio Mattarella et des ministres des Affaires étrangères Antonio Tajani et de la Défense Guido Crosetto. Avec plusieurs autres dirigeants et responsables européens — notamment le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte et la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas — ils sont accusés d’attiser les sentiments anti-russes au sujet de la guerre en Ukraine.
La Première ministre Giorgia Meloni a fermement réagi, dénonçant une « nouvelle opération de propagande » visant à détourner l’attention de l’agression russe en Ukraine. Elle a rappelé que ces accusations étaient « bien connues et condamnées par la communauté internationale depuis le début ».
Le président Mattarella a été inscrit pour avoir comparé l’invasion de l’Ukraine aux agissements de l’Allemagne nazie et condamné la « tragédie inhumaine » à laquelle sont confrontés les Ukrainiens.
S’exprimant sur les causes de la Seconde Guerre mondiale en février, il avait mis en garde contre le retour de « régimes despotiques et illibéraux », responsables selon lui de « l’accentuation d’un climat de confrontation » basé sur « la logique de domination et les guerres de conquête ».
« Tel était le projet du Troisième Reich en Europe. L’agression russe d’aujourd’hui contre l’Ukraine est de cette nature », avait-il conclu.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]