L’OTAN organise un exercice pour la protection des infrastructures sous-marines critiques

Selon un capitaine espagnol ayant participé à des exercices menés par l’OTAN sur la protection des infrastructures sous-marines critiques, ce type d’exercice est « important », surtout à la lumière de la guerre russe en Ukraine, la menace se « rapprochant » de nos frontières.

EFE avec EURACTIV depuis Reykjavik
NATO Dynamic Mongoose anti-submarine exercise off Norway
S’adressant à EFE, média partenaire d’EURACTIV, à bord de l’Alvaro de Bazan, Jesus Viñas Barciela, capitaine de la frégate espagnole, a souligné l’importance de l’exercice annuel de lutte anti-sous-marine de l’OTAN. [EPA/MARIT HOMMEDAL ]

Selon un capitaine espagnol ayant participé à des exercices menés par l’OTAN sur la protection des infrastructures sous-marines critiques, ce type d’exercice est « important », surtout à la lumière de la guerre russe en Ukraine, la menace se « rapprochant » de nos frontières.

Cela fait plusieurs mois que les services de renseignement de plusieurs États alertent sur la menace russe qui plane, notamment en mer du Nord.

En effet, des navires russes de « collecte de renseignement » auraient été aperçus dans les eaux territoriales des Pays-Bas et de la Belgique, entre autres.

Le mois dernier, un documentaire réalisé par des médias nordiques a révélé qu’un programme militaire russe aurait eu pour objectif de cartographier des parcs éoliens offshore, des gazoducs et des câbles électriques et de communication au Danemark, en Norvège, en Finlande et en Suède.

Selon les sources de ces médias, le programme militaire russe ferait partie de la préparation de la Russie à un conflit majeur avec l’Occident, et un grand nombre de navires militaires et civils navigueraient autour des eaux nordiques.

La Russie nie pour sa part toute implication dans des activités de collecte de renseignements.

Des exercices importants

S’adressant à EFE, média partenaire d’EURACTIV, à bord de l’Alvaro de Bazan, actuellement à quai dans le port de Reykjavik, la capitale islandaise, Jesus Viñas Barciela, capitaine de la frégate espagnole, a souligné l’importance de l’exercice annuel de lutte anti-sous-marine de l’OTAN.

Cet exercice, baptisé « Dynamic Mongoose », consiste en des « manœuvres anti-sous-marines de premier plan », a expliqué M. Viñas Barciela après deux semaines de travail dans « une zone d’intérêt stratégique majeur » entre la Norvège et l’Islande.

Selon M. Viñas Barciela, les exercices devaient permettre aux participants d’apprendre à faire face aux menaces pesant sur les infrastructures sous-marines essentielles, un phénomène sur lequel la sensibilisation a particulièrement augmenté depuis le début de la guerre russe en Ukraine.

« Les sous-marins ont un grand avantage sous l’eau puisqu’ils sont capables de détecter, de localiser et de suivre depuis une grande distance », a-t-il indiqué.

La force navale maritime permanente de réaction immédiate de l’OTAN, le Standing NATO Maritime Group 1 (SNMG1), a cherché à actualiser et à montrer « la solidarité et la cohésion » entre les membres de l’Alliance.

Depuis le 24 avril, elle a mobilisé 1 800 personnes et 12 transporteurs, dont la frégate Alvaro de Bazan, pour un « entraînement intense » dans une zone de 200 000 milles carrés dans l’Atlantique Nord.

« Nous cherchons à améliorer nos capacités au niveau individuel et collectif en matière de défense anti-sous-marine et, bien sûr, le fait d’organiser cet exercice dans cette zone envoie le message que nous sommes prêts à agir dans n’importe quel type de scénario », a-t-il expliqué.

« Les capacités ne sont pas seulement matérielles, elles sont aussi le fruit du travail de notre personnel. Nos équipages sont au fait des techniques, des tactiques et des procédures qui, tout comme la technologie, progressent très, très rapidement », a ajouté M. Viñas Barciela.

Interrogé sur l’influence de la guerre en Ukraine sur le rôle de l’Espagne au sein de l’OTAN, M. Viñas Barciela a souligné que l’objectif de l’Alliance a toujours été de tenir les menaces à distance par la dissuasion.

« Nous sommes ici pour essayer d’empêcher que cela n’arrive à notre pays. Pas seulement maintenant à cause de ce qu’il se passe en Ukraine », a-t-il déclaré.

« Nous avons passé de nombreuses années loin de nos frontières, à essayer d’éloigner toutes les menaces. Plus elles se rapprochent, plus nous serons prêts à dissuader nos adversaires et à nous défendre, si nécessaire, ce soir », a-t-il ajouté.

Il a également ajouté que l’Espagne était prête à défendre le territoire de l’OTAN « dans n’importe quel scénario ».

Coopération OTAN-UE

En janvier, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avaient annoncé que l’OTAN et l’UE avaient décidé de créer une task force sur la résilience et la protection des infrastructures critiques.

« L’invasion brutale de l’Ukraine par la Russie a fondamentalement changé notre sécurité », avait déclaré M. Stoltenberg lors de la conférence de presse qui avait suivi l’annonce.

« La résilience et la protection des infrastructures critiques sont des éléments clés de nos efforts conjoints, comme nous l’avons vu avec la militarisation de l’énergie par le président [Vladimir] Poutine et […] le sabotage des gazoducs Nord Stream », avait-il ajouté. « Nous voulons examiner ensemble comment rendre nos infrastructures critiques, nos technologies et nos chaînes d’approvisionnement plus résistantes aux menaces potentielles et prendre des mesures pour atténuer les vulnérabilités potentielles. »

[Édité par Anne-Sophie Gayet]