L’OTAN va renforcer la défense sur son flanc oriental et tiendra un sommet après l’attaque russe
L’OTAN a accepté de prendre des mesures supplémentaires et de renforcer davantage les forces terrestres, maritimes et aériennes sur son flanc oriental après l’offensive militaire russe en Ukraine.
L’OTAN a accepté, lors de consultations extraordinaires qui ont eu lieu aujourd’hui (24 février), de prendre des mesures supplémentaires et de renforcer davantage les forces terrestres, maritimes et aériennes sur son flanc oriental après que le Président russe Vladimir Poutine a lancé une offensive militaire en Ukraine.
« […] Nous déployons des forces terrestres et aériennes défensives supplémentaires dans la partie orientale de l’alliance, ainsi que des moyens maritimes supplémentaires », ont déclaré les ambassadeurs de l’OTAN dans un communiqué datant du 24 février.
« […] nous avons relevé le niveau de préparation de nos forces », ont-ils également ajouté.
Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a précisé dans des commentaires faits séparément que l’OTAN n’a « aucune intention d’envoyer des troupes en Ukraine ».
Dans le communiqué, on peut également lire que, en application de ses plans de défense « visant à protéger tous les Alliés », l’OTAN a décidé de « prendre des mesures supplémentaires pour renforcer encore la dissuasion et la défense dans l’ensemble de l’Alliance ». Il est également précisé que « les mesures que nous [l’OTAN] prenons sont et demeurent préventives, proportionnées et non constitutives d’une escalade ».
La décision a été prise après que l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie et la Slovaquie ont demandé de rares consultations au titre de l’article 4 du traité fondateur de l’OTAN, lesquelles peuvent être organisées si « l’intégrité territoriale, l’indépendance politique ou la sécurité des membres [de l’OTAN] sont menacées ».
M. Stoltenberg a confirmé qu’une réunion virtuelle des chefs d’État et de gouvernement de l’OTAN se tiendrait vendredi pour que les 30 dirigeants de l’Alliance militaire, auxquels se joindront la Finlande et la Suède, pays non membres de l’OTAN, ainsi que les dirigeants de l’Union européenne, puissent discuter plus en détail de la question.
« Il s’agit d’une invasion délibérée, de sang-froid et planifiée de longue date », a déclaré M. Stoltenberg. « L’attaque injustifiée et gratuite de la Russie contre l’Ukraine met en danger d’innombrables vies d’innocents avec les attaques aériennes et les missiles. »
« Nous devons comprendre que tout au long de ces dernières semaines ou de ces derniers mois, alors qu’ils [les Russes] ont dit qu’ils n’avaient pas l’intention d’envahir l’Ukraine, ils avaient en réalité l’intention de le faire, et ils ont accumulé toutes ces forces dans un but clair, celui d’envahir l’Ukraine », a expliqué M. Stoltenberg.
« Nous avons vu qu’en fait, ils étaient sérieux à propos de l’invasion de l’Ukraine pendant tout ce temps, et qu’ils n’ont jamais vraiment eu l’intention de s’engager dans des efforts diplomatiques », a-t-il ajouté.
Les nouvelles mesures prévues par l’OTAN « nous permettront de déployer des capacités et des forces, notamment la Force de réaction de l’OTAN », a déclaré M. Stoltenberg, ajoutant que l’Alliance avait placé plus de 100 avions de guerre en état d’alerte.
L’OTAN avait commencé à renforcer ses défenses dans l’est de l’Europe après l’annexion par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014.
Actuellement, elle y a stationné environ 5 000 soldats et équipements dans quatre groupements tactiques multinationaux de l’OTAN déployés dans la région de la Baltique et en Pologne.
Les quatre groupements tactiques de « présence avancée renforcée » en Estonie, Lituanie, Lettonie et Pologne, ont été renforcés avec des troupes et des équipements provenant de plusieurs pays au cours des derniers mois.
Les États baltes sont considérés comme le flanc le plus vulnérable de l’OTAN. Ils sont reliés au territoire principal de l’Alliance par un corridor terrestre difficile à défendre d’environ 60 kilomètres entre la Pologne et la Lituanie. Connu sous le nom de « passage de Suwałki », il est situé entre la Biélorussie et l’exclave russe de Kaliningrad.
En ce qui concerne les prochaines étapes, il pourrait s’agir d’activer la Force de réaction de l’OTAN, qui est une « force multinationale à haut niveau de préparation et à la pointe de la technologie, regroupant des éléments des forces terrestres, aériennes et maritimes et des forces d’opérations spéciales que l’Alliance peut déployer rapidement partout où cela est nécessaire ». Cette dernière est dirigée par la France aux côtés de l’Allemagne, de la Pologne, du Portugal et de l’Espagne et peut compter jusqu’à 40 000 hommes.
Certains membres de l’OTAN ont également envoyé des troupes, des avions de chasse et des navires de guerre dans la région de la mer Noire, près de la Bulgarie, de la Roumanie et de la Turquie.
En outre, l’alliance militaire a discuté la semaine dernière d’un plan qui pourrait établir quatre groupements tactiques multinationaux dans le sud-est de l’Europe et déployer quelque 1 000 soldats par groupement en Bulgarie et en Roumanie, et éventuellement en Slovaquie et en Hongrie, en réaction au renforcement militaire de la Russie en Ukraine.
Le ministre slovaque des Affaires étrangères, Ivan Korcok, a confirmé jeudi 24 février que l’OTAN envisageait de créer des structures de groupements tactiques, comme celles qui existent déjà dans les États baltes, pour les pays situés sur son flanc oriental, ajoutant que la Slovaquie serait également concernée.
M. Korcok a déclaré que la Slovaquie avait donné son accord « pour commencer à planifier ces mesures, qui sont nécessaires pour la défense de l’Alliance et de la Slovaquie ».