L’UE craint un échange territorial imposé à l’Ukraine lors du sommet Trump-Poutine
Les négociations de paix entre Donald Trump et Vladimir Poutine, prévues en Alaska vendredi 15 août, suscitent l’inquiétude de l’UE, qui redoute un échange territorial avec la Russie sans l’avis de Kiev ou de Bruxelles.
Les négociations de paix entre Donald Trump et Vladimir Poutine, prévues en Alaska vendredi 15 août, suscitent l’inquiétude de l’Union européenne, qui redoute un échange territorial avec la Russie sans l’avis de Kiev ou de Bruxelles. Plusieurs responsables européens pressent Washington de s’opposer à un accord « unilatéral » et rappellent que toute solution doit s’appuyer sur les lignes de front actuelles et inclure des garanties de sécurité solides pour l’Ukraine.
« Il y aura des échanges de territoires », affirmait Donald Trump le 8 août.
Dans un communiqué, plusieurs dirigeants européens ont mis en garde les États-Unis contre toute concession excessive lors du sommet entre Donald Trump et son homologue russe, Vladimir Poutine, prévu vendredi 15 août en Alaska. Ils craignent que l’Ukraine soit contrainte d’abandonner une part importante de son territoire pour parvenir à une paix.
Moscou exige que l’Ukraine se retire totalement des régions orientales qu’elle ne contrôle actuellement que partiellement.
« La position russe est présentée comme un échange territorial, mais elle semble plutôt unilatérale », a expliqué dimanche 10 août un haut responsable de la Commission européenne. Plutôt que des terres, « ce sont les garanties de sécurité qui sont primordiales pour l’Ukraine », a-t-il poursuivi.
Le responsable de la Commission a insisté sur la nécessité d’intégrer dans tout accord « des garanties de sécurité parmi les plus robustes », comprenant l’absence de restrictions sur les forces armées ukrainiennes et le maintien de l’aide militaire par des pays tiers.
Toutefois, selon lui, les signaux indiquant que Washington pourrait adopter une position différente se multiplient. « L’administration américaine s’est fortement investie et a montré son intérêt pour aligner sa position sur celle de l’Europe », a-t-il souligné.
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE doivent se réunir lundi 11 août à ce sujet.
Alors que les pourparlers pour mettre fin à la guerre devraient se poursuivre sans la participation des dirigeants ukrainiens ou européens, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a rappelé dans un communiqué le 10 août que « tout accord entre les États-Unis et la Russie doit impliquer l’Ukraine et l’UE ».
Elle reconnaît toutefois que ce sont les États-Unis qui « ont le pouvoir de forcer la Russie à négocier sérieusement ».
La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères a également averti qu’aucun compromis ne devait offrir à Moscou l’occasion de lancer de nouvelles offensives contre l’Ukraine, l’Alliance transatlantique ou l’Europe.
Signe encourageant, dans un entretien accordé à Fox News le 8 août, le vice-président américain JD Vance a affirmé qu’un « règlement négocié » devrait s’appuyer sur « la ligne de contact actuelle entre la Russie et l’Ukraine » — une position qui correspond à celle défendue par l’UE.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]