L’UE demande aux États membres d’augmenter les expulsions et d’harmoniser les accords de retour

La Commission européenne a exhorté les États membres de l’Union européenne à accroître l’expulsion des demandeurs d’asile déboutés et à reconnaître mutuellement les accords de retour des migrants.

Euractiv.com
EU Parliament plenary session
La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson (à gauche), et le vice-président de la Commission chargé des Migrations et de la promotion du mode de vie européen, Margaritis Schinas (à droite). [EPA-EFE/JULIEN WARNAND]

La Commission européenne a exhorté les États membres de l’Union européenne à accroître l’expulsion des demandeurs d’asile déboutés et à reconnaître mutuellement les accords de retour des migrants.

La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, a annoncé aux journalistes à Strasbourg mardi (14 mars) qu’en 2022, seuls 21 % des personnes ne pouvant prétendre à la protection internationale dans l’UE ont été renvoyées dans leur pays d’origine.

« Lorsque nous ne parvenons pas à renvoyer des personnes, cela entrave notre système et érode la confiance », a-t-elle déclaré

« Pour protéger le droit de demander l’asile, nous devons montrer que nous traitons de manière adéquate les personnes qui ne remplissent pas les conditions requises pour bénéficier de la protection internationale », a ajouté Mme Johansson. « Nous avons besoin de l’immigration, mais elle doit se faire de manière légale et ordonnée. »

Mme Johansson a ajouté que la reconnaissance mutuelle des accords de retour à travers l’Union rendrait « beaucoup plus facile la rationalisation des retours ».

Très peu d’États membres ont recours à la reconnaissance mutuelle des accords avec des pays tiers, bien que les règles existantes de l’UE l’autorisent déjà.

Le faible taux de retour des migrants est depuis longtemps un problème pour l’UE et résulte en grande partie du surmenage des autorités nationales chargées de l’immigration, d’une mauvaise communication entre les États et de la réticence des pays tiers à accueillir les demandeurs d’asile déboutés.

Margaritis Schinas, vice-président de la Commission chargé des Migrations et de la promotion du mode de vie européen, a ajouté que l’UE devait établir « des principes communs sur la manière dont nous gérons nos frontières […] afin d’empêcher que des individus ne montent les pays les uns contre les autres ».

Bien que les fonctionnaires de l’UE concèdent qu’ils ne connaissent pas l’ampleur des « mouvements secondaires » — à savoir les mouvements de migrants qui quittent le pays où ils sont arrivés en premier lieu pour déposer une demande d’asile dans un autre pays — ils assurent que leur nombre est en augmentation.

L’UE et les États membres ont fait l’objet de critiques à la suite d’une série de tragédies en Méditerranée où des bateaux de migrants ont fait naufrage, tandis que la rhétorique des dirigeants de l’UE sur le contrôle des migrations et le rapatriement est devenue de plus en plus dure.

Toutefois, M. Schinas a déclaré que l’objectif était d’avoir « une culture européenne commune de la gestion des migrations […] combinant efficacité et professionnalisme et associant la responsabilité d’avoir des frontières sûres au respect le plus total des droits fondamentaux ».

« Que ce soit au large de la Calabre ou des côtes libyennes […], chaque vie perdue entre les mains des passeurs est une tragédie, et il est de notre responsabilité, avec nos États membres, d’empêcher cela », a-t-il ajouté.

Les dirigeants de l’UE se sont fixé comme objectif les élections européennes de l’année prochaine pour finaliser la série de dossiers législatifs qui composent le Pacte sur la migration et l’asile, et M. Schinas a réitéré cet engagement.

« Lorsque les Européens iront voter en mai prochain, ils devront avoir la certitude que l’Europe a conclu cet accord tant attendu sur la gestion des migrations », a déclaré M. Schinas.

La semaine dernière, les ministres de l’Intérieur de l’UE ont décidé de finaliser leur propre mandat de négociation sur la plupart des dossiers lors de leur prochaine réunion.

Le Parlement européen, quant à lui, devrait arrêter sa position sur la plupart des questions dans les semaines à venir, ouvrant ainsi la voie aux négociations en trilogue entre les institutions de l’UE avant l’été.

« Nous sommes sur la bonne voie pour élaborer l’ensemble du pacte dans le cadre de ce mandat », a déclaré Mme Johansson.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]