L'UE peine à trouver davantage de navires pour la mission Aspides en mer Rouge

Deux pays « laissent entendre » qu'ils pourraient apporter leur contribution, mais aucun engagement majeur n'a été pris lors du Conseil de défense

EURACTIV.com
La frégate « Hessen » de la Marine allemande a pris la mer le 8 février 2024 à Wilhelmshaven, en Allemagne, pour une mission en mer Rouge. [Photo : David Hecker/Getty Images]

Les efforts de l’UE pour renforcer sa mission navale Aspides en mer Rouge peinent à prendre de l’ampleur, malgré la pression croissante exercée par la cheffe de la diplomatie européenne sur les États membres pour qu’ils envoient davantage de navires, alors que la situation sécuritaire autour du détroit de Bab el-Mandeb se détériore.

« Nous avons besoin de davantage d’unités navales », a déclaré Kaja Kallas lundi à son arrivée au Conseil des affaires étrangères, affirmant que ce besoin est « plus grand que jamais », l’UE recevant de plus en plus de demandes d’escorte de la part de navires marchands.

Mais la réponse espérée de la part des États membres ne s’est pas concrétisée.

Seuls deux pays ont « laissé entendre » qu’ils pourraient fournir des unités navales supplémentaires, a indiqué Kallas.

La Belgique, comme l’a rapporté Euractiv, envisage de fournir une frégate supplémentaire, tandis que la ministre néerlandaise de la Défense, Dilan Yeşilgöz, a déclaré lundi que les Pays-Bas examineraient « favorablement » la demande de Kallas, sans toutefois pouvoir prendre d’engagement ferme, invoquant des ressources disponibles limitées.

La frégate néerlandaise Evertsen a quitté les Pays-Bas dimanche à destination du Moyen-Orient.

« Ce n’est pas seulement le nombre de navires qui est nécessaire, mais aussi leur qualité. Par exemple, Aspides n’a pas de mandat de chasse aux mines, ce qui signifie qu’il faut une frégate, un soutien de défense aérienne, ainsi que des navires capables d’assurer l’escorte des navires », a déclaré la haute représentante.

« Nous avons besoin de plus de frégates, et celles-ci sont très demandées », a ajouté une source diplomatique.

Rome s’est montrée particulièrement insistante pour obtenir des renforts. Le ministre de la Défense, Guido Crosetto, a écrit à Kallas la semaine dernière pour demander le renforcement de la mission, Rome soulignant la nécessité de disposer de capacités supplémentaires pour protéger la liberté de navigation.

Les responsables italiens ont également souligné la nécessité d’améliorer la qualité des navires et de leurs armements, laissant entendre que tous les navires actuellement déployés dans le cadre de l’opération Aspides ne sont pas suffisamment adaptés aux exigences actuelles de la mission.

La discussion aurait été tendue lundi, une source diplomatique confirmant un échange franc entre Crosetto et le représentant français sur cette question.

À l’issue de la réunion, un responsable français a déclaré à Euractiv que le besoin de moyens supplémentaires est évident, mais a précisé que cette demande « n’est pas vraiment adressée à la France », qui dispose déjà de moyens déployés dans le cadre de l’opération.

L’Espagne a également semblé exclure la possibilité de fournir des navires à Aspides. La ministre de la Défense, Margarita Robles, a déclaré aux journalistes que, lors d’une rencontre bilatérale avec Crosetto à l’issue du Conseil, elle a clairement indiqué que Madrid soutient Aspides mais reste, pour l’instant, engagée dans son rôle au sein de l’opération Atalanta.

(at)