L’UE reconnaît les efforts du Kazakhstan pour empêcher le contournement des sanctions imposées à la Russie
L’UE reconnaît les efforts du Kazakhstan pour s’assurer que son territoire ne sert pas à contourner les sanctions imposées à l’encontre de la Russie, a déclaré Josep Borrell lors de sa rencontre avec le nouveau vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères kazakh mardi.
L’UE reconnaît les efforts du Kazakhstan pour s’assurer que son territoire ne sert pas à contourner les sanctions européennes et internationales imposées à l’encontre de la Russie, a déclaré le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell lors de sa rencontre avec le nouveau vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères kazakh, Murat Nurtleu, mardi (16 mai).
L’ancien diplomate Murat Nurtleu a été nommé le 3 avril dernier au poste de vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères dans le cadre du nouveau gouvernement formé à la suite des élections législatives anticipées du 19 mars.
Selon un communiqué de presse, M. Borrell apprécie la position du Kazakhstan « fondée sur le respect de la Charte des Nations unies et de l’intégrité territoriale de tous les membres des Nations unies, y compris l’Ukraine ». Il a également « constaté les efforts du Kazakhstan pour s’assurer que son territoire n’est pas utilisé pour contourner ou saper les sanctions européennes et internationales ».
Durant sa première visite à Bruxelles, le nouveau ministre kazakh a rencontré plusieurs hauts fonctionnaires qu’il aurait informés des efforts de modernisation et de réforme entrepris par le président Kassym-Jomart Tokaïev après les évènements tragiques de janvier 2022, qui ont coûté la vie à plus de 200 personnes.
Le prochain paquet de sanctions de l’UE, qui est toujours en cours d’élaboration, se concentrera sur le contournement des sanctions. Les responsables de l’UE ont donc cherché à savoir où se positionnait le Kazakhstan par rapport à la Russie et la guerre qu’elle mène en Ukraine.
Officiellement, le Kazakhstan, qui entretient de bonnes relations avec la Russie et l’Ukraine, reste neutre dans le conflit qui oppose Kiev et Moscou et n’a pas reconnu les annexions par la Russie de la Crimée en 2014 et de Donetsk, Louhansk, Zaporijjia et Kherson en 2022.
Le pays n’a toutefois pas imposé de sanctions à l’encontre de la Russie, n’a pas rejoint le régime des sanctions économiques occidentales et continue à commercer avec la Russie.
Selon certaines informations, les exportations de l’UE et du Royaume-Uni vers l’Arménie, le Kazakhstan et le Kirghizstan ont fortement augmenté, notamment pour des produits touchés par les sanctions de l’UE à l’encontre de la Russie. En outre, ces trois pays, tous membres de l’Union douanière de l’Union eurasiatique dirigée par la Russie, ont augmenté leurs exportations vers la Russie, en particulier de produits visés par les sanctions.
L’Union européenne doit veiller à ce que ses sanctions ne soient pas contournées par des pays tiers, mais aussi à ne pas pousser des pays amis tels que le Kazakhstan dans les bras du Kremlin.
M. Borrell aurait également exprimé le soutien de l’UE au processus de réforme et de modernisation du Kazakhstan et rappelé les nombreux domaines de coopération, notamment les matières premières critiques. Ce pays riche en ressources naturelles affirme qu’il sera bientôt en mesure d’offrir les 30 matières premières critiques dont l’UE a besoin.
Un fonctionnaire kazakh a répondu aux questions écrites d’EURACTIV concernant la pression occidentale sur le pays pour qu’il ne devienne pas une porte d’entrée pour les marchandises sanctionnées vers la Russie.
Le fonctionnaire, qui a demandé à rester anonyme, a rappelé que tout en poursuivant un commerce normal avec la Russie, le Kazakhstan s’est engagé à ne pas permettre que son territoire soit utilisé pour contourner les sanctions occidentales.
« Nous sommes fermement déterminés à empêcher l’utilisation de notre territoire à des fins de commerce fantôme illégal. Nous sommes conscients de tous les risques et nous contrôlons strictement notre commerce mutuel avec tous les partenaires », a déclaré le fonctionnaire.
Il a insisté sur le fait que le Kazakhstan resterait transparent avec ses partenaires européens sur cette question.
« Nous continuons à garder ouvert un canal de communication sur cette question avec les institutions européennes concernées, et nous prenons toutes les inquiétudes au sérieux », a-t-il déclaré.
Le fonctionnaire a soutenu que le Kazakhstan, voisin de certaines des économies les plus sanctionnées au monde, est déjà confronté à de nombreuses difficultés et doit faire beaucoup de sacrifices.
« Le fait de cibler son économie déjà vulnérable pour lui infliger une “punition exemplaire” par le biais de sanctions contre les entreprises kazakhes peut se retourner contre elle en envoyant un mauvais signal à notre société et à notre communauté d’affaires », a-t-il déclaré.
Après l’annonce par le gouvernement kazakh d’un renforcement du contrôle des importations parallèles vers la Fédération de Russie, les médias russes ont rapporté que les distributeurs russes avaient commencé à déplacer leurs canaux d’approvisionnement vers d’autres pays, tels que la Chine, le Kirghizstan et les Émirats arabes unis.
De même, les camionneurs russes transportant des marchandises importées auraient commencé à contourner le Kazakhstan, les itinéraires de transport passant désormais par la Chine, l’Iran, la Géorgie, l’Azerbaïdjan et l’Arménie.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]