Lutte contre le cancer : les Etats membres, clés du succès

Lors d’un colloque sur le cancer organisé mardi (18 octobre), par le think tank All Policies for a Healthy Europe, les intervenants sont revenus sur le Plan européen de lutte contre le cancer. L’occasion de souligner le rôle clé des Etats membres dans sa mise en œuvre et sa réussite.

Euractiv France
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En 2020, 2,7 millions d’Européens ont été diagnostiqués avec un cancer. [Gorodenkoff/Shutterstock]

Lors d’un colloque sur le cancer organisé mardi (18 octobre), par le think tank All Policies for a Healthy Europe, les intervenants sont revenus sur le Plan européen de lutte contre le cancer. L’occasion de souligner le rôle clé des Etats membres dans sa mise en œuvre et sa réussite.

« Les gouvernements nationaux sont les clés du succès du plan européen de lutte contre le cancer », a déclaré Emmi Weller, policy officer à l’European Health Management Association lors du colloque.

Présenté en février 2021 par la Commission, le plan européen pour vaincre le cancer bénéficie d’un financement de 4 milliards d’euros, notamment via le programme EU4Health.

Il se concentre sur quatre grandes priorités : la prévention, la détection précoce, le traitement et l’amélioration de la qualité de vie.

En 2020, 2,7 millions d’Européens ont été diagnostiqués avec un cancer.

« Ils [ les Etats membres, ndlr ] peuvent y contribuer en mettant en œuvre des actions intersectorielles pour prévenir le cancer, sensibiliser à des modes de vie sains, garantir l’accès à la solution numérique et aux traitements innovants, et améliorer la détection précoce et le traitement du cancer », a ajouté Emmi Weller.

En d’autres termes, la Commission aura beau établir des recommandations et des plans, la lutte contre le cancer passera par des politiques de santé publique au niveau national avant tout.

Inégalités entre les Etats membres

Seul problème, en matière de lutte contre le cancer, les Etats membres ne sont pas tous égaux. Par exemple, les chances de survie sont moindres pour un patient soigné en Roumanie, que pour un patient soigné en France.

Selon l’eurodéputée française et cardiologue Véronique Trillet-Lenoir (Renew), les chances de survie peuvent varier jusqu’à 25% selon les pays.

« Arrêtons les égoïsmes nationaux, arrêtons les champions nationaux industriels. Faisons des consortiums, des partenariats public-privé financés par la Commission européenne, qui a la volonté de financer et mettre en place une recherche inclusive, une recherche qui ne laisse personne sur le carreau », avait-elle déclaré sur Franceinfo en février 2021.

A titre d’exemple, les réseaux européens de références (ERN) permettent de faire avancer la recherche sur les cancers rares à l’échelle du continent, réduisant ainsi les inégalités dans le domaine de la recherche et du développement (R&D).

Car, là où certains pays rencontrent des difficultés d’accès à la recherche et l’innovation, les ERN ont favorisé des « discussions entre différents experts européens sur différents patients ou diagnostics », a expliqué au cours du colloque le Professeur Nicolas Girard, pneumologue et coordinateur de l’institut du thorax Curie-Montsouris.

« Cela a permis d’augmenter la qualité de soin. La France a été motrice sur cette structure », a-t-il ajouté.

La Commission européenne estime que 40% des cancers en Europe pourraient être évités.

Des disparités aussi au sein du même pays

Si à l’échelle européenne le parcours du patient est différent d’un pays à l’autre, l’on observe également ces disparités à l’échelle nationale.

L’utilisation croissante du numérique en santé peut accroître les inégalités, comme l’explique Laure Guéroult-Accolas, fondatrice de l’association « Patients en réseau », qui met virtuellement en contact des personnes atteintes d’un cancer.

L’association facilite la circulation d’informations et apporte un soutien psychologique aux malades. Ces derniers peuvent également communiquer entre eux et se rencontrer. Un lien essentiel pour affronter la maladie et lutter contre la solitude, d’autant que de plus en plus de patients se soignent en ambulatoire.

« Tous les patients ne sont pas les mêmes. Certains sont plus avides d’autonomie que d’autres », poursuit Mme Guéroult-Accolas. Il est également nécessaire de prendre en compte ceux qui ont moins accès aux technologies, comme les personnes âgées.

Si aucune mesure n’est prise, le nombre de cancer devrait augmenter de 25 % d’ici à 2035 et devenir ainsi la première cause de décès en Europe, conclut la Commission dans son plan européen de lutte contre le cancer.