M. Barroso fait part de l'exaspération de l'UE à l'Albanie

Dans un geste sans précédent, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a annulé un voyage en Albanie, un pays qui est à nouveau confronté à un conflit sur le résultat des récentes élections. Des fonctionnaires hauts placés de la Commission ont d'ailleurs déclaré à EURACTIV que Bruxelles commençait à perdre patience.

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Dans un geste sans précédent, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a annulé un voyage en Albanie, un pays qui est à nouveau confronté à un conflit sur le résultat des récentes élections. Des fonctionnaires hauts placés de la Commission ont d'ailleurs déclaré à EURACTIV que Bruxelles commençait à perdre patience.

Des tensions suite aux élections communales (voir « Contexte »), étroitement surveillées par l’Union européenne, ont mené M. Barroso à annuler son voyage en Albanie, qui était une étape d’un tour des Balkans.

Ces dernières évolutions apparaissent comme une triste répétition de la situation qui a suivi les élections nationales du 28 juin 2009, qui ont vu les socialistes de l’opposition refuser les résultats et accuser le gouvernement de corruption et de fraude électorale (voir LinksDossier EURACTIV sur les relations UE-Albanie).

Des représentants officiels hauts placés de la Commission ont confié à EURACTIV qu’ils perdaient patience au sujet de l’Albanie et que le pays jouait avec son opportunité historique d'entamer sa progression vers l’adhésion à l’UE.

Natasha Butler, porte-parole du commissaire à l’élargissement, Štefan Füle, a admis qu’un « manque de maturité politique » avait caractérisé les récentes évolutions dans les Balkans de l’Est, citant l’Albanie mais également le Kosovo et la Macédoine.

Au Kosovo, plusieurs représentants officiels ont ouvertement exprimé des opinions anti-européennes, en particulier à l’encontre de la mission d’application du droit européen EULEX. En Macédoine, les partis albanais ont récemment remis en question l’Accord d’Ohrid, sur la base duquel la communauté internationale a sauvé le petit Etat enclavé de la violence et du chaos en 2001.

Officiellement, les porte-paroles ont affirmé que M. Barroso se rendrait dans le pays lorsque le climat politique serait plus favorable à des discussions sur les questions européennes.

EURACTIV a demandé à Pia Ahrenkilde Hansen, la porte-parole de M. Barroso, si celui-ci avait déjà soudainement annulé une visite à d’autres occasions, elle a répondu ne pas se souvenir d’une telle décision de sa part.

Mercredi, la représentante de l'UE pour les affaires européennes, Catherine Ashton, a exhorté les personnalités politiques albanaises à rester calmes et leur a demandé de « ne pas mettre de vie en danger ».

Après l’appel à l’insurrection d’un parti de l’opposition lors du conflit électoral, Mme Ashton a déclaré que les résultats serrés du scrutin dans la capitale, Tirana, signifiaient que « les deux bords devaient trouver un terrain d’entente et surmonter leurs différences ».

« Les évolutions d’aujourd’hui ont montré la fragilité de la situation politique », a-t-elle ajouté dans une déclaration.