M. Verheugen prêche pour un marché unique paneuropéen [FR]
Les pays européens et méditerranéens devraient développer un marché commun, selon le vice-président de la Commission, Günter Verheugen, qui tire les leçons de ses mandats en tant que commissaire à l’Elargissement et commissaire aux Entreprises.
Les pays européens et méditerranéens devraient développer un marché commun, selon le vice-président de la Commission, Günter Verheugen, qui tire les leçons de ses mandats en tant que commissaire à l’Elargissement et commissaire aux Entreprises.
S’exprimant lors d’une conférence organisée conjointement par Eurochambres et la Semaine européenne des PME de la Commission européenne à Prague (14 mai), le commissaire Verheugen s’est montré critique à propos des barrières que connaît l’entreprenariat transfrontalier sur le continent et a appelé à une plus grande coopération pour permettre à l’Europe de concurrencer les marchés émergents en Asie.
Il a également exprimé sa déception quant au développement du marché intérieur en ce moment. Les Etats membres déploient des trésors de créativité lorsqu’il s’agit de créer de nouveaux obstacles pour les entrepreneurs venant d’autres pays, a-t-il déclaré, ajoutant que le succès de l’élargissement n’est pas assez évoqué.
M. Verheugen a plaidé pour la création d’un marché commun entre les pays européen et méditerranéen. Celui-ci pourrait être construit en se basant sur l’UE, l’Espace économique européen, et les accords avec la Suisse et la Turquie, ainsi que sur l’Union pour la Méditerranée (EURACTIV 17/04/08) et le Partenariat oriental (EURACTIV 04/12/08) qui couvre plusieurs anciens membres de l’Union soviétique.
Le marché commun euro-méditerranéen sera nécessaire, a-t-il déclaré, pour pouvoir concurrencer les marchés américain, chinois et indien ; on attend de ces deux derniers marchés qu’ils comptent chacun aux alentours de 1,5 milliard de personnes dans 20 ans.
La conférence s’est intéressée aux nombreuses initiatives conçues pour réduire la paperasserie et promouvoir l’entreprenariat, et le vice-président de la Commission a appelé la classe politique à écouter les professionnels créatifs.
Les entrepreneurs n’ont pas de problèmes particuliers avec les barrières économiques, mais plutôt avec les barrières politiques. Ils ont une vision qui manque souvent aux hommes politiques, a-t-il expliqué. Selon M. Verheugen, mettre les entreprises au cœur des priorités de la Commission a été le principal résultat de son mandat actuel.
Répondant à une question d’EURACTIV sur le remplacement de la Stratégie de Lisbonne et le besoin de débat public, il est allé plus loin. Il y avait un peu de réticence au regard de l’entreprenariat à la Commission, a-t-il dit ; aujourd’hui, on réfléchit au moyen de le rendre durable, explique-t-il. La commission actuelle dessinera son bilan et fera des recommandations pour la prochaine. M. Barroso et moi-même nous sommes déjà mis d’accord pour mettre l’accent sur l’amélioration de l’environnement des affaires et sur le renforcement de l’esprit d’entreprise, a-t-il ajouté.
M. Verheugen a également défendu la présidence tchèque, qui selon lui a été jugée durement par les critiques. Contrairement aux commentaires entendus dans les différentes capitales, a-t-il déclaré, il est inexact de dire que la présidence tchèque est un échec. Elle a été parmi les meilleures, a-t-il affirmé. Sous ces attaques se dessine une injuste remise en cause des compétences des nouveaux Etats membres, a-t-il conclu.