Macron écarte toute alternative aux accords de Minsk
Lors d'une rencontre avec son homologue ukrainien Petro Porochenko, Emmanuel Macron a écarté tout désengagement immédiat des accords de Minsk, dont une grande partie des dispositions est restée lettre morte depuis 2015.
Lors d’une rencontre avec son homologue ukrainien Petro Porochenko, Emmanuel Macron a écarté tout désengagement immédiat des accords de Minsk, dont une grande partie des dispositions est restée lettre morte depuis 2015.
Plus de trois ans après le début du conflit qui a fait plus de 10 000 morts, la situation dans l’est de l’Ukraine reste volatile et les deux parties s’accusent mutuellement des violations du cessez-le-feu.
Face au peu d’avancées constatées sur le terrain et à l’impasse diplomatique, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson a suggéré mi-juin de sortir du texte afin de ne pas avoir « les mains liées ».
« Il faut qu’on se donne encore quelques mois pour réussir dans le cadre de ces accords », a déclaré Emmanuel Macron à l’issue d’un entretien avec son homologue ukrainien, à l’Élysée.
« Je constate que pour certains ce n’est pas l’idéal, je l’entends, mais je n’ai pas vu la solution préférable qu’ils proposaient, ou en tous cas, je ne l’ai pas comprise », a ajouté le chef de l’État français lors d’une conférence de presse conjointe. « La question n’est pas de principe puisque ces accords ont été signés, la question est d’application quotidienne. »
Préparations en amont
Pour y parvenir et éviter des « discussions sans résultat », la France, qui est engagée dans le « format Normandie » avec l’Ukraine, la Russie et l’Allemagne, prône une préparation en amont de ces discussions, dont la prochaine échéance est prévue entre les « derniers jours de juin et les premiers jours de juillet ».
« Ce que j’ai proposé au président Porochenko aujourd’hui et ce que je proposerai à l’ensemble des parties […], c’est de mettre sur la table une série de préconditions de part et d’autre [avant la réunion des chefs d’État et de gouvernement-NDLR] pour faire évoluer les choses », a dit Emmanuel Macron.
Parmi ces préconditions figurent le retrait de toutes les forces à proximité de la frontière en contrepartie d’une présence de l’OSCE, une avancée en termes de blocus économique par rapport aux mesures prises depuis le début de l’année et une avancée sur la question des prisonniers.
Optimisme
De son côté, le président ukrainien a salué cette méthode et émis le souhait d’éviter les « conversations superflues ». Petro Porochenko s’est dit « beaucoup plus optimiste » après sa rencontre avec Emmanuel Macron, pour un « plan de paix et de désoccupation de l’Ukraine ». Il souhaite par ailleurs « une présence de l’OSCE 24 heures sur 24 sur la ligne de contact ».
La fermeté affichée d'Emmanuel Macron rassure en Ukraine https://t.co/LMs59STqe1 pic.twitter.com/nGqSEJdVzp
— RFI (@RFI) June 27, 2017
Pas de reconnaissance de l’annexion de la Crimée
La question des sanctions imposées à la Russie après l’annexion de la Crimée par Moscou en 2014 et qui empoisonne les relations entre Moscou et l’Union européenne n’a pas été évoquée lors de la conférence de presse.
« La France demeure attachée à l’intégrité de l’Ukraine et comme ses partenaires de l’Union européenne, elle ne reconnaîtra pas l’annexion de la Crimée », a déclaré Emmanuel Macron. « Il faut savoir d’où on vient aussi, l’agression n’est pas ukrainienne ».
« On sait qui a déclenché la chose et pourquoi on en est là. Maintenant on doit en sortir, […] et on doit en sortir avec des éléments de fait dans le cadre d’un accord qui a été établi, en le suivant de près et en s’attachant à ce que les deux parties puissent respecter ces accords ».