Madrid dément les allégations de « complot » visant à assassiner Nicolás Maduro
Le gouvernement espagnol a catégoriquement rejeté les affirmations du Venezuela selon lesquelles deux de ses citoyens arrêtés samedi 14 septembre par les services secrets du pays faisaient partie des services de renseignement espagnols et prévoyaient de mener des attaques contre Nicolás Maduro.
Le gouvernement espagnol a catégoriquement rejeté les affirmations du Venezuela selon lesquelles deux de ses citoyens arrêtés samedi 14 septembre par les services secrets du pays appartiendraient aux services de renseignement espagnols et prévoyaient de mener des attaques, y compris une tentative d’assassinat contre le président vénézuélien Nicolás Maduro.
Le ministre vénézuélien de l’Intérieur, Diosdado Cabello, a signalé samedi 14 septembre l’arrestation de plusieurs agents de renseignement étrangers présumés, dont deux Espagnols, qui — selon le fonctionnaire — « voulaient fournir des mercenaires » pour une opération présumée menée par les États-Unis pour renverser le régime de Nicolás Maduro, rapporte le partenaire d’Euractiv, EFE.
Caracas soupçonne les deux citoyens espagnols d’appartenir au Centre national de renseignement espagnol (CNI) et d’être impliqués dans l’opération, a déclaré Diosdado Cabello.
Outre les deux Espagnols, trois Américains et un Tchèque ont été arrêtés dans le cadre de l’opération, accusés par Caracas d’être impliqués dans l’opération visant à renverser le régime du président vénézuélien.
« Les États-Unis dirigent cette opération. L’Espagne allait fournir les mercenaires étrangers pour mener à bien cette opération », a assuré le ministre vénézuélien de l’Intérieur à la chaîne de télévision vénézuélienne Telesur.
Le CNI espagnol allait utiliser des « mercenaires d’origine française » dont la « mission était de prendre le contrôle » de l’aéroport international de Maiquetía à Caracas, a ajouté le responsable vénézuélien.
Le Venezuela réfute la version officielle de l’Espagne
Cette version a toutefois été démentie par des sources du gouvernement espagnol, qui ont déclaré samedi 14 septembre à EFE que les deux détenus — identifiés comme Andrés Martinez Adasme et Jose María Basoa Valdovinos — n’appartiennent pas aux services secrets espagnols.
Le lendemain, des sources du ministère espagnol des Affaires étrangères ont affirmé que « le gouvernement (espagnol) confirme que les détenus n’appartiennent pas au CNI ni à aucun autre organe de l’État ». « L’Espagne défend une solution démocratique et pacifique à la situation au Venezuela », ont indiqué les mêmes sources.
Citant des sources proches, les médias espagnols ont rapporté que les deux hommes étaient des touristes de Bilbao (Pays basque/Nord) et qu’ils n’avaient aucun lien avec les services de renseignement espagnols.
Mais Caracas a réfuté la version officielle de Madrid.
Selon Diosdado Cabello, il était « prévisible » que le gouvernement espagnol nie les liens présumés des deux détenus, qui — selon le fonctionnaire — ont admis « appartenir aux agences de renseignement espagnoles, en l’occurrence le CNI ».
« L’Espagne dira non, c’est logique […] ces personnes avouent leur participation active (au complot présumé contre Maduro) », a souligné le ministre vénézuélien de l’Intérieur.
Ce dernier a affirmé que les deux Espagnols arrêtés avaient des « connexions » avec des « groupes politiques au Venezuela », avec des « bandes criminelles » et avec l’officier militaire américain Wilber Josep Castañeda — arrêté le 1er septembre au Venezuela — qui, selon le ministre, était « le chef de l’opération ».
D’après Caracas, María Corina Machado, leader de l’opposition vénézuélienne et principal soutien de l’ancien candidat à la présidence Edmundo González Urrutia, serait à l’origine de ce complot. Ce dernier est en exil en Espagne depuis le 8 septembre, où il a demandé l’asile en raison des persécutions politiques et judiciaires dont il fait l’objet au Venezuela.
Samedi, le département d’État américain a confirmé l’arrestation d’au moins un citoyen américain, bien qu’il ait nié l’existence d’un complot contre Nicolás Maduro.
« Nous pouvons confirmer la détention d’un membre de l’armée américaine et sommes au courant d’informations non confirmées concernant deux autres citoyens américains détenus au Venezuela », a réagi un porte-parole du département d’État à EFE samedi.
Parallèlement, le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, a qualifié le régime de Nicolás Maduro au Venezuela de « dictatorial » et « autoritaire », faisant allusion aux personnes forcées de fuir le pays, y compris le candidat de l’opposition, Edmundo González Urrutia.