Madrid n’exclut plus d’avoir recours à l’aide européenne
Dans une lettre adressée à ses partenaires, le Premier ministre espagnol demande une nouvelle fois que les décisions prises en juin soient mises en oeuvre. Par ailleurs, il n’exclut plus d’avoir recours à un plan de sauvetage général.
Dans une lettre adressée à ses partenaires, le Premier ministre espagnol demande une nouvelle fois que les décisions prises en juin soient mises en oeuvre. Par ailleurs, il n’exclut plus d’avoir recours à un plan de sauvetage général.
« Dans cette lettre, je dis ce qui est urgent : un seul système de surveillance, un mécanisme pour la recapitalisation directe des banques », a expliqué le chef du gouvernement espagnol après avoir envoyé un courrier aux membres de la zone euro.
Régions exclues
Dans cette lettre, Mariano Rajoy mentionne le besoin pour l’UE d’utiliser « des outils pour assurer l’accès aux marchés de capitaux, de manière souple et efficace, à l’aide d’une proposition pour une union bancaire et budgétaire ».
La situation financière du pays inquiète de plus en plus. La somme de 35 milliards d’euros que Madrid doit lever sur les marchés n’est pas énorme en elle-même. Mais les taux d’emprunt à 10 ans de l’Espagne avoisinent les 7%. Cette situation n’est pas tenable à moyen terme.
De plus, la majorité des régions espagnoles n’est plus capable d’emprunter depuis le début de l’année. Valence, la plus endettée, a demandé fin juillet de bénéficier du programme de 18 milliards d’euros mis en place par Madrid pour aider les finances des collectivités.
La Catalogne, qui représente à elle seule près de 20% de l’activité économique du pays, a dit envisager de faire elle aussi appel à ce fonds.
Dans l’intérêt du pays
« Je suis le président du gouvernement espagnol et, en tant que tel, je suis responsable devant l’Europe et le reste du monde de nos finances publiques », a déclaré le Premier ministre.
Ces déclarations implicites ouvrent petit à petit la porte à un plan de sauvetage généralisé de l’Espagne. La ligne de crédit de 100 milliards d’euros décidée au mois de juin concerne seulement les banques.
Lors de sa première conférence de presse depuis sa prise de fonction, vendredi 3 août, Mariano Rajoy a assuré qu’il agirait dans l’intérêt du pays. « Je ferai, comme je l’ai toujours fait, ce que je crois être dans l’intérêt du peuple espagnol. On ne peut pas être chef du gouvernement et penser à autre chose. »
Attendre la BCE
Il a toutefois précisé qu’il ne prendrait sa décision qu’une fois les mesures décidées par la Banque centrale européenne connues.
Mais, de son côté, la BCE a signalé, jeudi 2 août, qu’elle se préparait à racheter des obligations souveraines espagnoles et italiennes seulement quand les pays concernés auraient formulé une demande d’aide et sollicité les fonds d’urgence européens.
Selon Reuters, une source de l’entourage de Mariano Rajoy a confirmé que la possibilité d’une demande d’assistance était examinée activement et que le chef du gouvernement se tenait prêt à en assumer le coût politique.
Une telle requête n’interviendrait pas avant plusieurs semaines. Cela nécessiterait en effet la négociation d’un protocole d’accord avec les autres pays de la zone euro et serait sans doute assorti de strictes conditions.