Marchandises illégales : la Commission européenne demande des comptes à la plateforme Temu

La Commission européenne a envoyé une demande d’information à la plateforme chinoise Temu concernant des commerçants qui vendent des marchandises illégales sur son site de vente en ligne, en vertu du règlement sur les services numériques (DSA) pour la sécurité en ligne.

EURACTIV.com
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Le site web chinois Temu, qui appartient à PDD Holdings, est l'une des plateformes de commerce en ligne qui font l’objet d’un examen de plus en plus approfondi quant à la vente de marchandises illégales. [Shutterstock/Ascannio]

La Commission européenne a envoyé une demande d’information à la plateforme chinoise Temu concernant des commerçants qui vendent des marchandises illégales sur son site de vente en ligne, en vertu du règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA) pour la sécurité en ligne, selon un communiqué de presse publié vendredi 11 octobre.

Le site web chinois Temu, qui appartient à PDD Holdings, est l’une des plateformes de commerce en ligne qui font l’objet d’un examen de plus en plus approfondi quant à la vente de marchandises illégales. Son fondateur, Colin Huang, avait auparavant fondé l’entreprise Pinduoduo, l’un des plus grands détaillants en ligne de Chine, dont il était le PDG.

Cette demande pourrait constituer la première étape de l’ouverture par la Commission d’une enquête officielle au titre du règlement sur les services numériques (DSA).

L’entreprise Temu est tenue de répondre avant le 21 octobre, en détaillant les mesures qu’elle a prises pour diminuer « la présence et la réapparition de commerçants vendant des produits illégaux sur son site de vente en ligne ». La Commission veut aussi connaître les mesures adoptées pour réduire « les risques liés à la protection des consommateurs, à la santé publique et au bien-être des utilisateurs ».

L’exécutif européen, qui joue désormais le rôle de gendarme du numérique dans l’UE, réclame par ailleurs « des détails sur les systèmes de recommandation de Temu et les risques pour la protection des données personnelles des utilisateurs ».

L’entreprise chinoise est soumise aux règles générales du DSA depuis février, lors de l’entrée en vigueur du règlement au niveau européen.

Or, en mai dernier, Temu a été désignée comme une très grande plateforme en ligne (Very Large Online Platform, VLOP), ce qui signifie qu’elle devait se conformer à des règles plus strictes dans le cadre du DSA, notamment en ce qui concerne l’évaluation et l’atténuation des risques systémiques — tels que la diffusion de produits dangereux et de contrefaçons — avant le 3 octobre.

Selon le DSA, les VLOP sont des plateformes comptant plus de 45 millions d’utilisateurs, qui présentent un « risque systémique » pour la société et doivent suivre un régime spécifique de modération des contenus.

Selon un porte-parole de l’entreprise, Temu a reçu la demande de la Commission et coopère pleinement. L’entreprise a « pris de nouvelles mesures importantes depuis qu’elle a été reconnue comme une très grande plateforme en ligne » et continue « d’améliorer » ses pratiques, affirme le porte-parole à Euractiv.

Ce n’est pas la première fois que la Commission demande des informations à Temu. En juin, la plateforme a été appelée à fournir des détails sur les mécanismes permettant aux utilisateurs de signaler les produits illégaux.

Les États membres ont renforcé la pression à ce sujet. Fin septembre, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, les Pays-Bas et la France ont demandé à la Commission et au Conseil d’appliquer strictement le DSA aux très grandes plateformes en ligne, y compris Temu.

Selon le communiqué de presse, les autorités de protection des consommateurs et de surveillance du marché ont constaté que les biens vendus sur ces plateformes ne sont pas conformes aux normes européennes.

[Édité par Anna Martino]