Le plan d’action de l’UE contre le cyberharcèlement repose sur une application permettant aux enfants de signaler les abus
Le plan d’action de la Commission contre le cyberharcèlement, présenté mardi 10 février, prévoit la création d’une application européenne adaptée à chaque pays de l’UE afin d’aider les enfants victimes à accéder à des lignes d’assistance et à signaler les cas d’abus en ligne.
La Commission a déclaré qu’elle préparerait un projet technique que les États de l’UE pourront adapter à leurs spécificités nationales, ce qui leur permettra de l’intégrer à leurs systèmes de signalement ou de refléter les nuances juridiques. Le projet d’application s’inspirera d’une application anti-cyberharcèlement existante en France, appelée 3018.
Selon la Commission, l’application aidera les victimes à accéder aux lignes d’assistance nationales. Les victimes pourront également l’utiliser pour stocker des preuves de cyberharcèlement afin de les transmettre aux autorités chargées de l’application de la loi.
L’exécutif européen prévoit le déploiement à l’échelle européenne des applications nationales à partir du troisième trimestre de cette année.
Ce n’est pas la première fois que la Commission élabore un projet technique visant à protéger les enfants contre les dangers en ligne : en juillet 2025, elle a publié un projet d’application de vérification de l’âge afin d’aider les pays de l’UE à développer des applications nationales. L’objectif dans ce cas est de fournir un outil standardisé que les plateformes en ligne peuvent utiliser pour vérifier l’âge des utilisateurs afin de protéger les mineurs contre les contenus inappropriés.
La Commission a également publié des lignes directrices sur la protection des enfants dans le cadre du règlement de l’UE sur la gouvernance en ligne, la loi sur les services numériques (Digital Services Act, DSA). Le plan d’action présenté aujourd’hui prévoit une révision prochaine de ces lignes directrices afin de renforcer les conseils sur la lutte contre le cyberharcèlement.
Les lignes directrices du DSA stipulent déjà que les plateformes doivent protéger les enfants contre le cyberharcèlement. Mais le plan d’action suggère d’améliorer l’efficacité des outils de signalement en appliquant une conception améliorée et de meilleures méthodes de stockage des informations à titre de preuve.
En parallèle, les mesures régionales de protection des enfants continuent de se renforcer, avec un nombre croissant de pays membres qui se prononcent en faveur de l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les jeunes enfants, comme la France, l’Espagne, le Danemark et Chypre.
En septembre dernier, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé dans son discours annuel sur l’état de l’Union qu’elle allait réunir un groupe d’experts sur la sécurité des enfants en ligne. Le plan d’action indique que les recommandations du groupe sont désormais attendues d’ici l’été.
Ursula von der Leyen avait initialement déclaré que le groupe serait mis en place d’ici la fin 2025, mais le lancement de l’initiative a été reporté à « début » 2026.
Bien que le plan d’action ne fournisse pas plus de détails, il mentionne que le groupe d’experts pourrait explorer une « approche européenne coordonnée, potentiellement législative, en matière de seuils d’âge ».