Mario Monti brandit l'arme de la démission
La remise en selle de Silvio Berlusconi et le délitement de la majorité parlementaire rebattent les cartes.
La remise en selle de Silvio Berlusconi et le délitement de la majorité parlementaire rebattent les cartes.
La Grèce est sur le point de réussir son opération de rachat de dette. Vedette du jour, l’UE reçoit à Oslo le prix Nobel de la paix. Mais l’Italie, et les soubresauts de ses responsables politiques jouent les trouble-fêtes.
Une double secousse s’est fait sentir au cours du week end : la confirmation, quasiment simultanée, de l’entrée en lice de Silvio Berlusconi pour les élections législatives et l’annonce de la démission de Mario Monti, à la tête du gouvernement « technique » italien depuis plus d’un an.
« Le Premier ministre a l’intention de démissionner après s’être assuré de l’approbation possible des lois sur la stabilité et le budget », peut-on lire dans un communiqué publié à l’issue de la rencontre entre Mario Monti et Georgio Napolitano, président de la République italienne.
Le Professore, qui enregistre de mauvais sondages (33% d’opinions favorables), s’alarme de la logique d’obstruction d’Angelino Alfano, secrétaire général du Peuple de la liberté (PDL), souvent présenté comme le dauphin de Silvio Berlusconi.
Le 6 décembre, les parlementaires issus du PDL n’ont pas voté la confiance au gouvernement, préférant s’abstenir ou ne pas prendre part à la consultation.
Si Mario Monti démissionne après l’adoption du budget à Noël, de nouvelles élections se tiendront mi-février, soit deux mois avant la date initialement prévue.
La presse italienne reste prudente. « Le Premier ministre n’a pas encore décidé », indique le quotidien de centre-droit Il Corriere della Sera, lundi 10 décembre.
Les événements sont scrutés de près par les dirigeants Européens, comme par les marchés. « L’Italie a engagé des réformes importantes durant l’année écoulée. Les marchés ont réagi positivement jusqu’ici, toutefois il ont réagi avec inquiétude aux événements de la semaine dernière », a déclaré l’Allemand Klaus Regling, directeur du Mécanisme européen de stabilité.
Dans la même veine, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso estime que « ces prochaines élections ne doivent pas être un prétexte pour remettre en question des mesures qui sont vraiment indispensables. Le calme relatif sur les marchés ne signifie pas que nous sommes sortis de la crise. »
Malgré ces turbulences politiques, les taux d’intérêt italiens à 10 ans restent pour le moment stables à 4,5%.