Nabucco retiré de la liste des projets européens en matière d’énergie [FR]

La liste de projets financés par le plan européen de 5 milliards d’euros ne fait plus mention du gazoduc Nabucco. C’est ce qui est apparu hier (16 mars) après la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE. 

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La liste de projets financés par le plan européen de 5 milliards d’euros ne fait plus mention du gazoduc Nabucco. C’est ce qui est apparu hier (16 mars) après la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE. 

Des représentants de l’UE ont confirmé hier que le gazoduc, considéré auparavant comme un projet européen, ne figure plus sur la liste des projets énergétiques devant être financés par le plan. 

Ce retrait a apparemment été effectué à la requête de la chancelière allemande, Angela Merkel, qui a insisté sur le fait que de l’argent public ne devait pas être dépensé dans un projet pour lequel Berlin n’avait que peu d’intérêt. 

Dans la version révisée du projet, Nabucco figure sous un titre plus vaste : le « corridor gazier sud ». Ce dernier inclut également un gazoduc offshore, l’ITGI, qui devrait être construit entre la côte ionienne grecque et l’Italie, ainsi que d’autres projets dans la région méridionale. 

Le vice-Premier ministre tchèque, Alexandr Vondra, a confirmé que les ministres ne se sont pas accordés sur le plan de relance, certains Etats membres souhaitant examiner de nouveau le paquet avant le sommet européen des 19 et 20 mars. 

Toutefois, il a ajouté qu’un groupe influent de pays souhaite que Nabucco fasse partie d’un ensemble de projets. Nous soutenons toujours Nabucco, a déclaré M. Vondra à ce groupe de pays, faisant allusion au fait que l’Union était désormais divisée entre ceux qui soutenaient le gazoduc et ceux qui doutaient de ses mérites. Des observateurs ont rapporté que lors de la réunion ministérielle, la Roumanie – un important pays de transit pour Nabucco – avait été très critique quant au retrait du projet de la liste. 

La chancelière allemande, Angela Merkel, a confirmé récemment l’opposition de son pays à financer le projet phare de gazoduc Nabucco par des fonds européens, soulignant le fait que le problème n’est pas de trouver des fonds, mais du gaz pour alimenter le gazoduc (EURACTIV 03/03/09). 

Le projet initial attribuait 250 millions d’euros à la création d’un mécanisme de financement du partage des risques pour Nabucco. Ce mécanisme avait pour objectif d’aider à sécuriser les prêts des banques à de meilleures conditions que celles offertes sur le marché (EURACTIV 29/01/09). Une seconde version du plan réduit ce montant à 200 millions (EURACTIV 10/03/09). Mais la dernière version semble désormais avoir affaibli davantage Nabucco, ont reconnu des diplomates. 

La Commission européenne, quant à elle, a insisté sur le fait que Nabucco peut toujours recevoir des fonds conformément au plan révisé. « Le fait que nous avons changé le nom ne signifie pas que Nabucco a disparu. Il existe, mais sous un autre nom », a indiqué à EURACTIV Ferran Tarradellas Espuny, porte-parole de la Commission. 

En outre, M. Tarradellas a clairement indiqué que le projet de corridor sud n’inclut pas le projet South Stream, alternative à Nabucco qui a la préférence de Gazprom. Le South Stream devrait acheminer du gaz russe sous la mer Noire via la Bulgarie, la Grèce, la Serbie et la Croatie vers l’Italie. L’Autriche sera raccordée à South Stream via la Serbie et la Hongrie. Son étape finale : le dépôt de stockage de gaz de Baumgarten, c’est-à-dire la même centrale qui devrait être utilisée par Nabucco. 

Le manque de consensus au niveau ministériel sur le plan de relance n’est pas vraiment une surprise. Des diplomates ont en effet révélé à EURACTIV qu’Angela Merkel a indiqué qu’elle souhaitait que la question soit décidée au sommet européen de cette semaine. Mais la lutte qui se profile semble être complexe, et la décision, qui doit être adoptée à la majorité qualifié, incertaine.  

Le Parlement européen co-décidera du paquet de relance avant la fin de son mandat. 

Si aucun accord n’est trouvé, la crédibilité de tout le monde sera remise en question, a déclaré M. Vondra. Personne ne peut se le permettre, a-t-il conclu.