Nicolas Sarkozy ne parvient pas à rassurer les marchés

Le président français, Nicolas Sarkozy, a interrompu ses vacances à la Côte d'Azur pour assister à des réunions de crise hier (10 août). La bourse de Paris a d'ailleurs perdu 5  % suite à des rumeurs que la France pourrait perdre sa note triple A.

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Le président français, Nicolas Sarkozy, a interrompu ses vacances à la Côte d'Azur pour assister à des réunions de crise hier (10 août). La bourse de Paris a d'ailleurs perdu 5  % suite à des rumeurs que la France pourrait perdre sa note triple A.

Avec des élections présidentielles dans huit mois seulement, Nicolas Sarkozy a convoqué ses ministres et le gouverneur de la Banque centrale pour des réunions de crise à Paris, interrompant ses vacances d'été, généralement considérées comme sacro-saintes par la classe politique française.

La France, l'Etat le plus endetté parmi les six pays de la zone euro qui peuvent se targuer d'une note AAA, a promis de ramener son déficit à 4,6 % du PIB l'an prochain et à 3 % en 2013, par rapport à 7,1 % en 2010 et aux 5,7 % prévus cette année.

Les trois principales agences de notation ont réaffirmé mercredi la note AAA de la France et ont déclaré que ses perspectives restaient stables. Les marchés restent toutefois inquiets, dans la mesure où les banques françaises font partie de celles qui sont le plus exposées à l'aggravation de la crise de la dette européenne.

M. Sarkozy a demandé aux partis politiques français de soutenir sa proposition d'inscrire dans la constitution une « règle d'or » pour limiter le déficit. Cette dernière pourrait bien ne pas être adoptée si elle est soumise au vote des deux chambres du parlement français.

Le président a joué un rôle majeur dans la conclusion de l'accord du sommet de la zone euro le 21 juillet. Cet accord vise à donner au Fonds européen de stabilité financière le pouvoir d'acheter des obligations d'Etat sur le marché secondaire et de financer un nouveau renflouement de plusieurs milliards d'euros pour la Grèce.

Le parlement devrait adopter les amendements à apporter au budget 2011 lors de sessions spéciales les 6 et 7 septembre, ajoutant ainsi 15 milliards d'euros à la dette publique française d'ici 2014, ce qui reviendra à renforcer de 0,75 % le ratio dette-PIB, a expliqué Reuters.

Les députés de gauche ont affirmé qu'ils bloqueraient l'adoption de la proposition de M. Sarkozy pour un « frein aux dépenses » constitutionnel lors du vote qui aura lieu au cours des prochaines semaines, prenant ainsi position en amont des élections présidentielles de l'an prochain.

Les socialistes ne veulent pas modifier la constitution et clament que cette réforme n'aurait qu'un impact limité étant donné que selon le droit français, le gouvernement a le droit d'établir des plafonds de déficit.

Les marchés, quant à eux, considèrent cet amendement de la constitution comme un signe de l'engagement de la France à la prudence budgétaire et certains analystes craignent que les agences de notation ne réagissent mal à l'échec de cette initiative en attribuant des perspectives négatives à la France ou en envisageant une dégradation de sa note.

Après sa réunion à l'Elysée, M. Sarkozy est retourné auprès de sa femme, Carla Bruni, et de sa famille dans leur villa au Cap Nègre. En attendant, le CAC 40 a clôturé en baisse de 5,5 %. La Société Générale, la deuxième banque du pays, a perdu 21 % avant de se redresser in extremis pour ne finalement perdre que 14 %. BNP Paribas, la plus grande banque du pays, a quant à elle perdu 9,5 %.