Nicolas Sarkozy officiellement candidat avec le slogan « La France Forte »
Le président français, Nicolas Sarkozy, s'est officiellement déclaré candidat pour un second mandat ce mercredi (15 février). Sa campagne se concentrera sur la reconstruction d'une France « forte » et sur son « dynamisme » pour tirer le pays et l'Europe hors de la crise.
Le président français, Nicolas Sarkozy, s'est officiellement déclaré candidat pour un second mandat ce mercredi (15 février). Sa campagne se concentrera sur la reconstruction d'une France « forte » et sur son « dynamisme » pour tirer le pays et l'Europe hors de la crise.
Le président sortant a tenté de renverser la tendance des sondages en promettant d'avoir recours au référendum pour consulter le peuple français sur certaines réformes controversées comme le durcissement des lois sur l'immigration ou la réforme du système français généreux des indemnisations de chômage.
« Oui, je suis candidat à l’élection présidentielle », a-t-il déclaré lors du journal télévisé de 20 h de TF1, affirmant qu'une « France forte » permettrait de protéger les citoyens de la crise économique mondiale.
« La France est un bouclier pour chacun d’entre nous. Si la France est forte, si elle prend les décisions, si elle fait les choix qui l’installeront dans ce nouveau monde […] alors elle sera forte. Si la France est faible, les Français sont exposés », a expliqué le président français.
Des sondages défavorables au président sortant
Des dizaines de sondages donnent le candidat socialiste, François Hollande, vainqueur face à M. Sarkozy avec jusqu'à 15 points d'avance lors du second tour des élections le 6 mai prochain. Les partisans de M. Sarkozy espèrent toutefois que le style de campagne dynamique du président l'aidera à combler cet écart avant le premier tour, le 22 avril.
Malgré des sondages défavorables à 68 %, M. Sarkozy veut donner l'image d'un dirigeant expérimenté qui peut sortir la France de la débâcle économique, afin de surmonter la crise de la zone euro.
« Si vous voulez me faire dire qu’on n’a pas tout réussi, ça, c’est sûr. Mais moi je ne connais pas de gens qui ont tout réussi », a déclaré M. Sarkozy. C'est la seule forme d'excuse qu'il a présentée pour les promesses non tenues de son quinquennat.
« Quelle campagne je vais faire ? Je vais essayer de dire la vérité ; de poser les bonnes questions ; de proposer des idées fortes et de dire aux Français : choisissez maintenant. »
Chômage
Alors que le taux de chômage semble stagner à 9,3 %, son plus haut niveau depuis 12 ans, et que de nombreuses entreprises ferment leurs portes ou délocalisent leur production à l'étranger, M. Sarkozy (qui est arrivé au pouvoir en 2007 en s'engageant pour un retour au plein-emploi) a déclaré que sa priorité dans ce domaine serait la formation des chômeurs en vue de leur réinsertion dans le monde du travail.
Après avoir été accusé de ne pas avoir prêté attention au mécontentement du peuple sur la réforme des retraites et les mesures fiscales, M. Sarkozy a promis de consulter les électeurs sur son programme de réformes s'il était réélu.
« L'idée centrale [de mon programme], c’est [de] redonner la parole au peuple français par le référendum », a-t-il assuré.
Selon lui, les chiffres de l'économie publiés mercredi prouvent que ses réformes commencent à donner des résultats. Les données préliminaires de l'office de statistiques INSEE montraient que le produit intérieur brut (PIB) français avait progressé de 0,2 % au quatrième semestre.
C'est la première fois depuis début 2009 que la croissance trimestrielle française dépasse celle de son voisin allemand, souvent cité par M. Sarkozy comme le modèle économique à suivre.
L'Europe passe à la trappe
Mis à part cette référence à l'Allemagne, l'Europe a été la grande absente de l'entretien accordé par Nicolas Sarkozy, qui ne l'a en effet évoquée que quatre fois et principalement en référence à la crise économique. Il n'a donné aucune précision quant à sa position sur les affaires européennes en cours, par exemple sur le renforcement des liens économiques au sein de la zone euro.
M. Sarkozy s'est référé une fois au référendum sur la constitution européenne, affirmant : « Il y a une France qui ne croit plus en rien » et qui a tendance à « dire non » à chaque fois qu'on l'interroge.
Un « Non-évènement », selon les socialistes
Au cours des dernières semaines, M. Sarkozy a annoncé une augmentation de la TVA de l'ordre de 1,6 % en vue de financer une réduction des charges salariales pour stimuler la compétitivité des entreprises françaises. Il a également introduit une taxe de 0,1 % sur les transactions financières.
Le président sortant devrait détailler son programme électoral lors d'un discours clé dimanche prochain, dans la ville méditerranéenne de Marseille. Candidat redoutable, il devrait participer à son premier rassemblement dans la ville d'Annecy, au cœur des Alpes.
L'annonce de M. Sarkozy a coïncidé avec le deuxième discours décisif de son rival socialiste, M. Hollande, qu'il a prononcé dans sa ville natale de Rouen mercredi.
« Une petite chance de gagner »
Selon un sondage portant sur les intentions de vote au premier tour des élections, publié mercredi dernier par Harris Interactive, MM. Hollande et Sarkozy ont tous deux gagné un point pour atteindre respectivement 28 et 24 %, loin devant les trois candidats suivants. Lors du second tour le 6 mai, M. Hollande battrait M. Sarkozy, respectivement crédités de 57 et 43 % des intentions de vote.
Selon les experts, M. Sarkozy devrait peiner à rattraper son retard, à seulement neuf semaines du premier tour.
« M. Sarkozy a tout de même une petite chance de gagner s'il parvient à attirer le candidat socialiste sur son propre terrain, à savoir les questions de l'immigration et de la sécurité, à condition qu'il ne soit pas question de sa personnalité ni de ses performances », a confié à Reuters le responsable des sondages chez Harris Interactive, Jean-Daniel Lévy.
MM. Sarkozy et Hollande ont tous deux fait du redressement des finances publiques leur cheval de bataille. Le prochain président, quel qu'il soit, aura donc la lourde tâche d'imposer des mesures d'austérité à hauteur de 100 milliards d'euros sur les cinq prochaines années, afin de combler le déficit du pays.
Ils proposent cependant deux façons très différentes d'y parvenir.
M. Hollande a lancé sa campagne fin janvier, avec un programme économique qui promet d'augmenter les taxes sur les banques, les grandes entreprises et la tranche plus riche de la population, afin de contribuer à la réduction du déficit public tout en injectant plus de fonds dans l'éducation et la création d'emploi assistée par l'État.