Nouveau duel viticole franco-bruxellois
La Commission envisage d’autoriser les vins américains à utiliser la mention « château » dans le cadre d’un accord commercial. La France a déjà prévenu qu’il en était hors de question.
La Commission envisage d’autoriser les vins américains à utiliser la mention « château » dans le cadre d’un accord commercial. La France a déjà prévenu qu’il en était hors de question.
L’information a été révélée dans la presse par un communiqué de la Fédération des grands vins de Bordeaux (FGVB), vendredi 14 septembre. Et l’organisation ne tourne pas autour du pot : « La Commission européenne veut brader la mention ’Château’ aux exportateurs américains » . Dans un pays attaché à ses traditions viticoles, l’opération de communication ne pouvait être qu’un succès.
Une réunion du Comité de gestion de l’organisation commune des marchés agricoles (OCM) doit discuter, le 25 septembre, de l’autorisation demandée par les producteurs de vins américains de commercialiser leurs produits avec la précieuse mention « Château » sur leurs étiquettes.
Opposition française
Pour le FGVB, une telle mesure entraînerait une « distorsion de concurrence » en raison des différences d’acception du terme « Château ». En France et plus généralement en Europe, la mention désigne un vin produit dans des régions d’origine contrôlée, uniquement à base de raisins récoltés et vinifiés sur la propriété. Aux USA, le raisin peut venir de différents récoltants.
L’organisation de viticulteurs français redoute un « détournement d’une terminologie française à forte notoriété » et « une tromperie pour le consommateur ». Le Bordelais a bâti sa réputation sur ses très nombreux « châteaux ».
La France a déjà fait connaître son opposition au projet. Le ministère de l’Agriculture estime que la demande américaine n’est pas « conforme aux normes communautaires », et insiste sur le fait que les «enjeux économiques sont majeurs ».
De son côté, la Commission cherche à organiser sa défense. Dans les dossiers liés au vin, elle se fait régulièrement malmener par la France. En 2009, elle avait envisagé d’autoriser le mélange de vins blancs et rouges dans la fabrication du rosé avant de devoir faire marche arrière.
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L’exécutif bruxellois souligne qu’entre 2006 et 2009, une autorisation de ce type a déjà été accordée aux vins américains et estime que ce précédent accord a été bénéfique à tous, grâce à des contreparties. « Il a permis de restreindre l’utilisation des termes tels que Champagne, Sherry, qui sont considérés comme semi-génériques aux États-Unis et a instauré un dialogue constructif pour régler les contentieux ».
Un argumentaire qui a peu de chance de passer auprès des producteurs français et de l’opinion publique. Aucune décision n’a encore été prise et les discussions vont se poursuivre « dans les prochaines semaines » avant le vote définitif.