OGM : la vague remonte jusqu’à Bruxelles

Après la publication d’une étude sur les dangers des organismes génétiquement modifiés, le ministre de l’Agriculture veut agir au niveau européen. La Commission a saisi l’agence européenne de sécurité alimentaire.

EURACTIV.fr
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Après la publication d’une étude sur les dangers des organismes génétiquement modifiés, le ministre de l’Agriculture veut agir au niveau européen. La Commission a saisi l’agence européenne de sécurité alimentaire.

L’article sur les OGM publié par le Nouvel Observateur, mercredi 19 septembre, fait des remous.

Le texte rapporte les résultats d’une étude scientifique du professeur Gilles-Eric Séralini. Pendant deux ans, le chercheur a analysé les conséquences de la consommation d’organismes génétiquement modifiés, en particulier le maïs NK 603 de Monsanto, sur des rats. 

Le scientifique a découvert que cet OGM pouvait créer des tumeurs et des pathologies lourdes sur ces animaux.

La culture du maïs NK 603 n’est pas autorisée sur le territoire de l’Union européenne, mais cet OGM peut être importé.

Toutes les conséquences

A l’issu du conseil des ministres, le ministre d’Agriculture a affirmé qu’il était nécessaire « d’agir à l’échelle de l’Europe pour que les conditions des protocoles d’autorisation soient modifiées dans un sens beaucoup plus strict qu’aujourd’hui ». C’est en effet au niveau des Vingt-Sept que les décisions sont prises.

Le gouvernement français a demandé une vérification de l’étude par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES). La Commission européenne a fait de même auprès de l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA) et « en tirera toutes les conséquences » en fonction des résultats.

Appel solonnel 

Pour Greenpeace, l’EFSA « s’est distingué depuis de nombreuses années par la proximité scandaleuse de ses membres avec les industriels et son manque d’indépendance ».

Dans son communiqué de presse, l’association précise que l’agence européenne « doit cesser d’être l’antichambre des industriels des biotechnologies. Pour cela, elle doit évaluer l’impact des OGM sur le long terme et pas uniquement sur trois mois comme c’est le cas actuellement dans les études fournies par les industriels ».

Le député européen d’Europe Ecologie Les Verts, José Bové, via son compte Twitter, a appelé «solennellement » le commissaire européen à la santé, John Dalli, à interdire l’importation et la culture d’OGM.

Moratoire sur le maïs

Pour les partisans des organismes génétiquement modifiés, cette nouvelle étude ne prouve rien et doit être validée sur le fond. L’Association française des biotechnologies végétales (AFBV), qui réunit des scientifiques et experts favorables aux OGM, est qu’il « existe en effet de nombreuses études toxicologiques qui ont évalué les effets à long terme des OGM sur la santé des animaux. Ces études réalisées sur des rats, mais aussi sur d’autres animaux par des chercheurs d’horizons différents, n’ont jamais révélé d’effets toxiques des OGM ».

Actuellement, seules deux plantes génétiquement modifiées sont autorisées à la culture, le mais MON810 et la pomme de terre BASF. La France, la Hongrie, le Luxembourg, la Grèce, l’Allemagne, l’Autriche et  la Bulgarie ont instauré un moratoire sur leur culture.

>>> Lire  : La France introduit officiellement son moratoire sur les OGM

Les États et les institutions européennes discutent depuis plusieurs années d’une réforme de la procédure d’autorisation. En l’absence de compromis, elle est sans cesse repoussée.

>>> Pour en savoir plus, lire  : « L’imbroglio européen sur les OGM »