Olaf Scholz s’en prend à Giorgia Meloni et Rishi Sunak : les accords migratoires sont plus importants que les discours 

Les accords de rapatriement avec les pays tiers sont la solution pour réduire le nombre de migrants, a affirmé jeudi le chancelier allemand Olaf Scholz, tout en s’en prenant aux dirigeants de droite qui « prétendent qu’ils peuvent expulser les migrants avec des mots durs ».

EURACTIV Allemagne
Italian Prime Minister Meloni visits Berlin
La question de l’immigration clandestine sera au cœur des préoccupations de M. Scholz et de ses homologues de l’UE lors du prochain sommet des dirigeants qui se déroulera la semaine prochaine, alors que les États membres sont confrontés à une augmentation du nombre d’arrivées sur les côtes de la Méditerranée. [EPA-EFE/CLEMENS BILAN]

Les accords de rapatriement avec les pays tiers sont la solution qui permettra aux pays de l’UE de réduire le nombre de migrants, a affirmé jeudi (19 octobre) le chancelier allemand Olaf Scholz, tout en s’en prenant aux dirigeants conservateurs qui « prétendent qu’ils peuvent expulser les migrants avec des mots durs ».

Lors du prochain sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UE de la semaine prochaine, la question de l’immigration clandestine sera au cœur des préoccupations de M. Scholz et de ses homologues, alors que les États membres sont confrontés à une augmentation du nombre d’arrivées sur les côtes de la Méditerranée.

« Il y a dans beaucoup de pays des personnalités politiques qui essaient de se distinguer en prétendant que les migrants peuvent être expulsés avec des mots durs », a déclaré M. Scholz aux députés, dans une allusion à peine voilée à Rishi Sunak et Giorgia Meloni (Fratelli d’Italia/Frères d’Italie, Conservateurs et réformistes européens/CRE), les Premiers ministres de droite du Royaume-Uni et de l’Italie.

En effet, les chefs de gouvernement britannique et italienne avaient cosigné une tribune dans le Times avant la réunion de la Communauté politique européenne (CPE) à Grenade il y a deux semaines, « appelant les autres à agir avec le même sentiment d’urgence » que le leur pour arrêter les migrants et les trafiquants d’êtres humains.

Bien que les deux dirigeants aient promis de se montrer intransigeants en matière d’immigration, ils ont subi un revers cette année, les statistiques indiquant que le nombre d’arrivées de migrants a augmenté sous leur mandat.

« Ce sont souvent les personnalités politiques [qui parlent de fermeté] qui supervisent l’augmentation du nombre de demandes d’asile et qui échouent parce qu’ils ne trouvent pas le moyen de collaborer avec les pays d’origine et les pays de transit », a fait remarquer M. Scholz.

Les accords sur la migration conclus avec les pays tiers constitueraient une « différence cruciale par rapport aux efforts passés » pour réduire l’immigration, a promis le chancelier. D’après ce dernier, l’Allemagne peut désormais offrir davantage d’incitations en échange de la reprise des migrants par les pays, comme des visas pour les travailleurs qualifiés grâce à des réformes de l’immigration.

Les diplomates allemands travaillent actuellement sur six accords de ce type, a-t-il annoncé.

Les efforts récents de l’UE pour conclure des accords de collaboration sur l’immigration avec des pays tiers se sont toutefois retournés contre elle. L’accord conclu avec la Tunisie au début de l’année ne tient en effet qu’à un fil.

Le pays d’Afrique du Nord a reversé le soutien financier prévu dans l’accord en réponse aux critiques de Bruxelles qui estimait que le pays ne mettait pas correctement en œuvre l’accord.

La pression croissante exercée par l’immigration clandestine n’est qu’une des nombreuses crises auxquelles les chefs d’État et de gouvernement de l’UE devront faire face lors du prochain sommet.