OTAN : 40 milliards d’euros pour l’Ukraine en 2025

Les membres de l’OTAN se sont mis d’accord mercredi (3 juillet) pour continuer à fournir à l’Ukraine une aide militaire à hauteur de 40 milliards d’euros au cours de l’année prochaine, selon les informations d’Euractiv.

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Summit on Peace in Ukraine
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky. [EPA-EFE/MICHAEL BUHOLZER / POOL EDITORIAL USE ONLY EDITORIAL USE ONLY]

Les membres de l’OTAN se sont mis d’accord mercredi (3 juillet) pour continuer à fournir à l’Ukraine une aide militaire à hauteur de 40 milliards d’euros au cours de l’année prochaine, selon les informations d’Euractiv.

Cette décision intervient une semaine avant le sommet annuel des dirigeants de l’OTAN qui aura lieu à Washington. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky devrait y demander une aide supplémentaire, alors que son pays tente de surmonter les pénuries de munitions et le manque de systèmes de défense aérienne pour résister à l’agression russe.

Ces deux dernières années, les membres de l’OTAN ont dépensé environ 40 milliards d’euros par an pour soutenir l’Ukraine sur le plan militaire, selon les dernières données de l’Alliance.

La proposition initiale du secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, de consacrer 100 milliards d’euros à Kiev sur une base pluriannuelle a été débattue et révisée en raison de la réticence de certains à prendre des engagements sur plusieurs années et des questions relatives à la répartition du fardeau entre les Alliés.

Mercredi, les États membres de l’OTAN sont parvenus à un accord pour se répartir la somme de 40 milliards d’euros par an, sur la base du revenu national brut (RNB) de chaque pays, a confié à Euractiv une personne au fait des discussions.

Contrairement à la proposition initiale du secrétaire général sortant, le montant ne sera pas engagé sur plusieurs années, mais sur une seule. Étant donné qu’il s’agit d’un engagement non contraignant, l’OTAN réexaminera la situation chaque année.

Initialement, Jens Stoltenberg voulait assurer le soutien des membres de l’OTAN à l’Ukraine sur le long terme en le préservant de tout changement politique au sein des gouvernements alliés.

Ces inquiétudes se sont faites plus pressantes après les récentes élections en Slovaquie, les blocages de la Hongrie et en prévision des élections présidentielles aux États-Unis qui auront lieu en novembre.

Les Européens craignent tout particulièrement que le retour de l’ancien président américain Donald Trump à la Maison-Blanche n’entraîne une suspension de l’aide à l’Ukraine, puisqu’au sein du Congrès, les Républicains bloquent cette aide depuis des mois.

Un engagement politique

L’engagement de mercredi est principalement « politique », ont expliqué plusieurs diplomates de l’OTAN à Euractiv.

Avant l’accord, un fonctionnaire du département d’État américain l’a comparé à l’engagement du sommet du Pays de Galles, au cours duquel les membres de l’OTAN ont collectivement accepté de s’efforcer de consacrer 2 % de leur PIB à la défense.

Un diplomate de l’Alliance a déclaré, en établissant lui aussi une comparaison avec cet engagement, que la pression politique exercée sur tous les pays pourrait forcer les gouvernements les plus réticents à continuer à fournir une aide et à assumer leur part du fardeau.

Plusieurs diplomates de l’OTAN ont toutefois critiqué le manque de perspective à long terme et de prévisibilité du financement.

L’objectif est de montrer à Vladimir Poutine que la stratégie consistant à attendre que le soutien à l’Ukraine s’essouffle « ne fonctionnera pas », ont-ils ajouté.

Cette aide est considérée comme faisant partie des tentatives de l’OTAN de « protéger l’Ukraine d'[un retour de Donald] Trump » pour ce qui est de l’aide militaire. Il s’agit également d’une initiative que les Alliés sont censés considérer comme un « pont » sur la voie de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.

Le financement vient s’ajouter à d’autres éléments du paquet, notamment le déplacement du mécanisme de coordination de toutes les livraisons d’aide et de formation occidentales d’une structure ad hoc vers l’OTAN, et la nomination d’un envoyé à Kiev.

[Édité par Anna Martino]