OTAN : la Slovaquie et la Hongrie soutiennent la candidature de Mark Rutte

Le président slovaque a annoncé mardi (18 juin) son soutien à la candidature de Mark Rutte pour le poste de secrétaire général de l’OTAN en contrepartie de l’assistance des Pays-Bas pour sécuriser la défense aérienne de son pays. Le même jour, la Hongrie donnait elle aussi son feu vert au Néerlandais.

/ EURACTIV Slovaquie
Netherlands marks Dutch Veterans Day
La Slovaquie souhaitait initialement un représentant de l’Europe centrale et orientale pour le poste de secrétaire général de l’OTAN, considérant même le président roumain Klaus Iohannis, rival de Mark Rutte. Toutefois, Bratislava a finalement décidé de soutenir M. Rutte. [EPA-EFE/Koen van Weel]

Le président slovaque Peter Pellegrini a annoncé mardi (18 juin) à l’issue d’une réunion extraordinaire du Conseil européen, son soutien à la candidature du Premier ministre néerlandais sortant, Mark Rutte, pour le poste de secrétaire général de l’OTAN, en contrepartie de l’assistance des Pays-Bas pour sécuriser la défense aérienne de son pays. Le même jour, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a lui aussi donné son feu vert au Néerlandais.

La candidature du Premier ministre néerlandais Mark Rutte au poste de secrétaire général de l’OTAN s’était précédemment heurtée à un certain nombre d’obstacles qui avaient prolongé le processus de sélection du successeur de Jens Stoltenberg.

Le soutien sous conditions de la Slovaquie

La Slovaquie souhaitait initialement un représentant de l’Europe centrale et orientale à la tête de l’OTAN, considérant même soutenir le président roumain Klaus Iohannis pour le poste. Toutefois, Bratislava a finalement choisi Mark Rutte.

« Après des consultations avec les deux candidats et des discussions avec le Premier ministre slovaque Robert Fico et le gouvernement slovaque, Bratislava peut imaginer soutenir le Premier ministre néerlandais Mark Rutte à la tête de l’Alliance », a déclaré Peter Pellegrini selon l’agence de presse TASR.

Afin de maintenir un équilibre entre les représentants des États de l’Ouest et de l’Est au sein de l’Alliance, la Slovaquie a rappelé à M. Rutte de tenir compte du principe géographique lorsqu’il pourvoira les postes de l’OTAN aux échelons inférieurs de la hiérarchie s’il devient secrétaire général.

Peter Pellegrini a noté que son soutien comprenait une demande pour que les Pays-Bas garantissent la protection de l’espace aérien slovaque.

Depuis le transfert des systèmes de défense aérienne S-300 de la Slovaquie à l’Ukraine et le retrait des systèmes fournis temporairement par les Pays-Bas et l’Italie, l’espace aérien slovaque reste partiellement vulnérable.

« Aujourd’hui, la Slovaquie ne possède aucun système de défense aérienne, et c’est pourquoi nous avons discuté avec le Premier ministre Mark Rutte, s’il est élu à la tête de l’Alliance, il s’efforce de protéger et de défendre l’espace aérien slovaque — au moins jusqu’à ce que la Slovaquie puisse le protéger avec ses propres capacités », a expliqué le président.

Il a précisé que Mark Rutte était disposé à aborder la question à l’avenir.

La Hongrie donne son feu vert

L’annonce slovaque intervient alors que des médias néerlandais, cités par Reuters, ont rapporté mardi également un changement de position du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, qui était initialement opposé à la candidature de Mark Rutte.

Budapest aurait abandonné ses objections après une rencontre entre les deux dirigeants en marge d’un sommet informel des Vingt-Sept à Bruxelles.

Le soutien hongrois intervient également après une rencontre la semaine dernière entre M. Orbán et Jens Stoltenberg au cours de laquelle les deux hommes ont convenu que Budapest ne bloquerait pas les décisions de l’OTAN relatives au soutien à l’Ukraine, mais qu’elle ne serait pas tenue d’y prendre part.

« Mark Rutte a confirmé qu’il soutenait pleinement cet accord et qu’il continuerait à le faire s’il devenait le prochain secrétaire général de l’OTAN », a écrit le Hongrois sur X.

Les décisions de l’OTAN étant prises par consensus, Mark Rutte a besoin du soutien des 32 alliés. À ce stade, seule la Roumanie, dont le président Klaus Iohannis est également en lice pour le poste, s’oppose encore à la candidature du Néerlandais, rapporte Reuters.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]