OTAN : les pays nordiques demandent une procédure d’adhésion rapide pour la Suède et de la Finlande

Les cinq Premiers ministres des pays nordiques se sont réunis pour le sommet Inde-Pays nordiques, où l’énergie verte, la Russie et une éventuelle procédure de ratification rapide des adhésions à l’OTAN pour la Suède et la Finlande étaient à l’ordre du jour.

EURACTIV.com
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Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a annoncé mercredi qu’il se rendrait prochainement en Turquie pour discuter avec le président Recep Tayyip Erdogan de la ratification par Ankara des adhésions de la Suède et de la Finlande. [Shutterstock/Wirestock Creators]

Les cinq Premiers ministres des pays nordiques se sont réunis mercredi (4 mai) à Copenhague pour le sommet Inde-Pays nordiques, où l’énergie verte, la Russie et une éventuelle procédure de ratification rapide des adhésions à l’OTAN pour la Suède et la Finlande étaient à l’ordre du jour.

Dans le cadre de sa visite de trois jours en Europe, le Premier ministre indien Narendra Modi a rencontré à Copenhague, mercredi (4 mai), les Premiers ministres du Danemark, de la Suède, de la Finlande, de la Norvège et de l’Islande.

Lors d’une conférence de presse conjointe, les dirigeants nordiques ont affirmé l’importance de l’Inde dans le domaine des énergies vertes et le potentiel de coopération entre la région nord-européenne et le géant asiatique.

« C’est une question d’échelle et de compétences, et l’Inde possède les deux », a déclaré le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre, qui a ajouté que la région nordique et ses 25 millions d’habitants se trouvent dans une zone affectée par le changement climatique, d’où la nécessité de coopérer avec l’Inde.

L’invasion russe

Cependant, la principale question abordée a été l’impact de la guerre menée par la Russie en Ukraine sur les pays nordiques, et plus précisément la potentielle candidature de la Suède et de la Finlande à l’OTAN.

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, qui a accueilli le sommet, a déclaré qu’elle et ses collègues ont rendu la « position des Nordiques claire », car ils considèrent que l’invasion russe en Ukraine est « inhumaine » et qu’elle « viole le droit international ».

« Nous devons défendre le droit international, notamment en cette période », a ajouté la Première ministre islandaise Katrín Jakobsdóttir.

Selon la Première ministre finlandaise Sanna Marin, la crise que nous traversons aujourd’hui met en évidence la nécessité de discuter de la sécurité européenne sur le plan énergétique et alimentaire, car l’invasion russe a entraîné des perturbations de l’approvisionnement alimentaire mondial et une hausse des prix de l’énergie.

En matière d’énergie, les Premiers ministres nordiques ont salué les initiatives de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a proposé mercredi de nouvelles sanctions ainsi qu’un embargo sur le pétrole russe.

Mme Frederiksen a quant à elle exprimé l’espoir que l’Inde exerce une pression sur la Russie.

En effet, l’Inde n’a pas encore condamné l’invasion russe en Ukraine, et Moscou reste le principal fournisseur d’armes et de pétrole stratégique de l’Inde. Aucune information n’a été donnée sur la réaction de M. Modi face aux préoccupations des pays nordiques concernant l’invasion russe en Ukraine.

La question de l’OTAN

La présence des cinq dirigeants nordiques au même sommet a inévitablement mis en avant la question de l’éventuelle candidature de la Suède et de la Finlande à l’OTAN.

Mme Marin a déclaré qu’en ce qui concerne l’OTAN, « il s’agit d’un moment clé » pour la Finlande, qui devrait prendre une décision finale dans « des semaines, et non des mois ».

La Première ministre suédoise, Magdalena Andersson, a fait preuve de moins d’assurance à ce sujet, expliquant que la Suède renforçait actuellement sa capacité militaire et que le pays consacrerait 2 % de son PIB à la défense, comme cela est exigé par l’OTAN.

La Suède, et les sociaux-démocrates au pouvoir dans le pays en particulier, examinent la question et le conseil d’administration du parti devrait prendre une décision sur une demande d’adhésion à l’OTAN le 24 mai.

En outre, l’analyse de la politique de sécurité commune des partis du parlement suédois sera présentée le 13 mai par la ministre des Affaires étrangères, Ann Linde. Mme Andersson a également précisé que « toutes les options sont sur la table ».

Les Premiers ministres du Danemark, de la Norvège et de l’Islande, tous membres de l’OTAN, ont déclaré qu’ils soutiendraient leurs voisins nordiques pendant la période de ratification de leur adhésion, si celle-ci devait avoir lieu.

Mme Andersson et Mme Marin ont estimé que les meilleures garanties de sécurité pour leurs pays seraient un processus de ratification « aussi bref que possible ». Cette déclaration fait écho à l’information rapportée mercredi par le quotidien norvégien VG selon laquelle l’OTAN pourrait réduire à deux semaines la période de candidature de la Suède et de la Finlande.

Le Premier ministre norvégien a fait savoir que son pays était favorable à ce que la Suède et la Finlande prennent leur décision concernant l’OTAN simultanément, étant donné la gravité de la situation, un avis également partagé par la Première ministre danoise.