Peu d'innovation au sommet

Les manifestations en Egypte, le jeu de pouvoir franco-allemand, des plans audacieux en matière d'énergie, et, enfin, l'innovation. Lorsque les dirigeants politiques ont fait leurs déclarations à la fin du sommet le 4 février, ils ont à peine mentionné l'innovation.

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Les manifestations en Egypte, le jeu de pouvoir franco-allemand, des plans audacieux en matière d'énergie, et, enfin, l'innovation. Lorsque les dirigeants politiques ont fait leurs déclarations à la fin du sommet le 4 février, ils ont à peine mentionné l'innovation.

L’Union européenne peine à combler le fossé qui la sépare des Etats-Unis et du Japon en termes d’innovation et perd rapidement du terrain par rapport au Brésil, à l’Inde et à la Chine.

L’Europe dépense seulement 2 % de son produit intérieur brut pour la recherche et le développement, contre 2,8 % aux Etats-Unis. L'UE s'est fixée un objectif de 3 % pour 2020.

La semaine dernière, la Commission européenne a publié une nouveau tableau de bord de l’innovation, révélant que des tendances positives sont visibles dans de nombreux Etats membres mais qu’en tant que groupe, l’UE demeure à la traîne. La Suède se place en tête, suivie du Danemark, de la Finlande et de l’Allemagne. En queue de peloton, on retrouve la Bulgarie, la Lettonie, la Lituanie et la Roumanie.

« Ce qui m’inquiète, c’est que l’innovation constitue la stratégie numéro un sur le moyen et long terme de l’Europe pour maintenir sa prospérité », a déclaré Ann Mettler, directrice exécutive du Conseil de Lisbonne, un groupe de réflexion.

 « Vu la magnitude et l’importance de l’innovation, les dirigeants n’ont avancé aucune proposition qui pourrait me rassurer quant au fait que l’Europe deviendrait plus compétitive ».

Avancées sur le brevet européen

Cependant, lundi 7 février, le projet de l’UE pour un brevet commun a été approuvé au niveau des ambassadeurs. Une tentative controversée d’utiliser la procédure de « coopération renforcée » de l’Union pour créer un brevet européen a été approuvée par 25 membres, à l’exception de l’Italie et de l’Espagne.

Le brevet commun constitue un élément essentiel s'agissant de l’Union pour l’innovation, l’un des phares de la stratégie « Europe 2020 »,  mais aussi concernant un marché unique que l'on souhaite pleinement opérationnel. Actuellement, les entreprises européennes dépensent dix fois plus que leurs concurrents aux Etats-Unis et au Japon pour breveter leurs projets et idées.

Les ministres de l’éducation européens prendront le relais le 14 février.

L'innovation sur la touche

L'innovation devait être à la une des sommets du Conseil européen d'octobre et de décembre dernier, mais elle avait finalement été reportée à l'agenda de celui de février 2011 avant d'être éclipsée par les objectifs plus ambitieux de l'UE en matière d'énergie. En fin de compte, elle a été occultée par les violentes manifestations en Egypte et les plans franco-allemands sur l'union fiscale.

« Nous nous sommes mis d'accord sur les conclusions concernant l'innovation : cependant, à cause de l'heure tardive, elle n'a pas fait l'objet de beaucoup de discussions », a déclaré Angela Merkel, la chancelière allemande, à la fin de sa conférence de presse.

Les points forts des conclusions comprennent:

  • Un appel à plus de dépenses pour l'éducation, la recherche et la technologie;
  • Un espace européen de la recherche qui doit être finalisé d'ici 2014 afin de créer un « véritable marché unique de la connaissance, de la recherche et de l'innovation »;
  • Des progrès pour assurer la création du marché unique numérique d'ici 2015, et;
  • La résolution des derniers obstacles juridiques et administratifs à l'utilisation transnationale du capital-risque

Un changement radical ?

« Un changement radical dans la performance en matière de recherche et d'innovation en Europe est nécessaire si nous voulons sortir durablement de la crise, rattraper les Etats-Unis et garder une avance sur les nations émergentes », a déclaré Máire Geoghegan-Quinn, la commissaire européenne chargée de la recherche, de l'innovation et des sciences.

Alors que la plupart des projets de conclusions discutés lors du pré-sommet ont été adoptés, les dirigeants n'ont finalement pas approuvé la somme de 10 milliards d'euros pour les marchés publics commerciaux qui figurait dans l'Union pour l'innovation.

Toutefois, Mme Mettler du Conseil de Lisbonne a expliqué : « Il n'y a rien de terriblement surprenant. Tout est passé sans trop de controverse. L'Union pour l'innovation a été massivement soutenue, mais, dans le même temps, rien n'est radicalement nouveau ».