Pirouette électoraliste de Marine Le Pen sur l’euro
Nouveauté dans le programme de la candidate du Front national qui promet maintenant l’organisation d’un référendum sur la sortie de l’euro. Une annonce alors que les derniers sondages la donnent en net recul.
Nouveauté dans le programme de la candidate du Front national qui promet maintenant l’organisation d’un référendum sur la sortie de l’euro. Une annonce alors que les derniers sondages la donnent en net recul.
Pour expliquer son programme aux Français, Marine Le Pen va faire distribuer dans les jours qui viennent, à 8 millions d’exemplaires, un livret de 16 pages détaillant chacune de ses mesures.
Déjà évoqué
Une petite surprise s’est glissée dans le paragraphe « Euro ». Alors que depuis des mois, la leader frontiste n’a de cesse de répéter que la monnaie unique « va s’effondrer » et qu’il est urgent pour la France d’en sortir, elle propose maintenant la tenue d’un référendum sur la question.
Elle préconise de « préparer, avec ses partenaires européens, l’évolution de l’euro, qui deviendrait une monnaie commune, coexistant avec le franc, qui serait rétabli. Ce dispositif, proposé aux Français dans le cadre d’un référendum, permettrait d’oxygéner notre économie et de retrouver la voie de la prospérité ».
Cette possibilité a déjà été évoquée par le passé par Marine Le Pen lors d’émissions politiques, comme sur Radio France en novembre dernier.
Clé de voute
En proposant de remettre en place « l’euro ECU (European currency unit) », la candidate oublie de préciser que dans ce système, les monnaies nationales étaient obligées de respecter une certaine parité entre elles pour faciliter les échanges entre les pays de l’UE et éviter les dévaluations nationales.
Or, c’est justement ce que la présidente du Front national souhaite faire dès sa sortie de l’euro. Cette mesure est la clé de voute de son programme économique qui d’ailleurs ne prend pas en compte les coûts de la fin de la monnaie unique.
Et rien n’est prévu en cas de rejet du référendum par les Français qui ont toujours été frileux à l’idée de retourner au franc, ce qui explique probablement cet infléchissement à un mois du premier tour.
Plafond de verre
Les derniers sondages donnent Marine Le Pen en fort recul par rapport à Nicolas Sarkozy et François Hollande, ne lui accordant qu’entre 13 et 17% des voix.
En janvier dernier, Magali Balent, chercheur associée à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques expliquait à EURACTIV.fr que « l’opposition de Marine Le Pen à la monnaie unique peut la bloquer dans sa progression électorale ». Le FN semble avoir pris note.