Pologne : la coalition pro-européenne veut libéraliser le droit à l'avortement

La libéralisation de l’avortement jusqu’à la 12ème semaine de grossesse, et sa dépénalisation, sont deux propositions législatives déposées par les députés fraichement élus, membres de la nouvelle coalition civique polonaise.

EURACTIV Pologne
Not One More protest in Krakow
De nombreux Polonais et Polonaises espèrent donc que le nouveau gouvernement assouplira la loi actuelle. 80 % des personnes interrogées sont favorables à une certaine forme de libéralisation. [[EPA-EFE/LUKASZ GAGULSKI POLAND OUT]]

La libéralisation de l’avortement jusqu’à la 12ème semaine de grossesse, et sa dépénalisation, sont deux propositions législatives déposées par les députés fraichement élus, membres de la nouvelle coalition civique polonaise.

Beaucoup se souviennent de la vague d’indignation publique et des manifestations de masse qui avaient suivi le verdict du Tribunal constitutionnel polonais en 2020 de rendre l’avortement quasi-illégal.

La décision avait introduit des restrictions supplémentaires pour accéder à une procédure d’avortement dans une loi jugée par beaucoup d’observateurs comme particulièrement « illibérale », par rapport aux autres pays européens. Seules les grossesses résultant d’un viol (fût-il même possible de le prouver), d’un inceste et celles menaçant la vie des mères pouvaient débloquer le droit à un avortement.

A cause de ce verdict, plusieurs femmes enceintes dont le fœtus ne s’était pas développé correctement auraient succombées, les médecins ayant attendu la mort spontanée du fœtus pour mettre fin à la grossesse afin de ne pas s’exposer à des conséquences juridiques.

De nombreux Polonais et Polonaises espèrent donc que le nouveau gouvernement assouplira la loi actuelle. 80 % des personnes interrogées sont favorables à une certaine forme de libéralisation.

Néanmoins, des changements majeurs ne sont pas gagnés d’avance. Le parti centriste Troisième Voie, membre de la nouvelle coalition progressiste avec ses 66 députés, s’est dit sceptique quant à une libéralisation trop importante. Ses membres souhaitent rétablir les lois sur l’avortement antérieures à la décision de 2020, mais ils subordonnent la légalisation de la procédure jusqu’à la 12e semaine de grossesse à une décision référendaire.

Sans leur soutien, la proposition de libéralisation de l’avortement a peu de chances d’être adoptée.

Des incertitudes similaires sont apparues sur la question du mariage homosexuel : Władysław Kosiniak-Kamysz, l’un des leaders de la Troisième Voie, s’y est activement opposé.