Pour Donald Tusk, l’enquête du Parquet à son encontre a été orchestrée par le Kremlin
L’ancien président du Conseil européen, Donald Tusk, n’a pas été impressionné par l’annonce du Parquet polonais qui a décidé d’ouvrir une enquête à son encontre, car selon lui, le plaignant pourrait avoir agi sous l’influence de Moscou.
L’ancien président du Conseil européen, Donald Tusk, n’a pas été impressionné par l’annonce, lundi (24 avril), du Parquet polonais qui a décidé d’ouvrir une enquête à son encontre, car selon lui, le plaignant pourrait avoir agi sous l’influence de Moscou.
L’enquête a été lancée après qu’une plainte a été déposée par l’homme d’affaires Marek Falenta. Dans la plainte, M. Falenta affirme que durant son mandat de Premier ministre (2007-2014), M. Tusk a abusé de ses pouvoirs : il aurait ordonné un contrôle de la société Składy Węgla, alors dirigée par l’homme d’affaires. Cette société était engagée dans l’importation de charbon russe vers la Pologne.
Le parti Droit et Justice (PiS, Conservateurs et Réformistes européens) « me persécute pour ma lutte contre l’importation de charbon russe. Le Parquet agit à la demande de Marek Falenta, un importateur de ce charbon, condamné pour écoutes téléphoniques illégales », a indiqué Donald Tusk mardi sur Twitter.
Il s’agit d’un « scénario écrit en caractères cyrilliques », a-t-il poursuivi, suggérant que M. Falenta pourrait avoir eu des liens avec le Kremlin.
M. Falenta a réalisé des enregistrements secrets de personnalités politiques de premier plan, dont Elżbieta Bieńkowska (sur le point de devenir commissaire européenne à l’époque), Radosław Sikorski (ministre des Affaires étrangères de l’époque) et Mateusz Morawiecki (alors propriétaire bancaire et actuellement Premier ministre de la Pologne).
Les enregistrements ont été révélés en 2014 et ont contribué à faire tomber le gouvernement du parti de la Plateforme civique (PO, groupe PPE au Parlement européen) de M. Tusk en 2015, moins d’un an après que ce dernier a pris ses fonctions de président du Conseil européen.
M. Tusk estime que c’est le parti Droit et Justice, un adversaire de longue date, qui a coopéré avec M. Falenta pour évincer les membres de son parti.
Dans une lettre datée du 11 avril mais rapportée pour la première fois par la chaîne de télévision TVP ce lundi (24 avril), les procureurs ont confirmé l’ouverture d’une enquête visant à déterminer si M. Tusk a effectivement abusé de ses pouvoirs en ordonnant un contrôle de la société de M. Falenta.
M. Falenta accuse M. Tusk d’avoir « ordonné sans base légale un contrôle de la société Składy Węgla dans le but de forcer l’arrêt des importations de charbon en provenance de la Fédération de Russie et d’agir ainsi au détriment des intérêts privés de la société », comme l’indique la lettre du Parquet.
Ce délit est passible d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à dix ans.
Les résultats de l’enquête pourraient également influencer les élections législatives qui se tiendront plus tard dans l’année, le parti Droit et Justice tentant de priver M. Tusk, redevenu chef de file du PO, de la possibilité d’exercer des fonctions publiques.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]