Pour sa première Assemblée générale de l'ONU, Giorgia Meloni met l'immigration au centre des débats

L’urgence migratoire qui a affaibli le premier système d’accueil italien sera l’un des sujets abordés par la Première ministre italienne Giorgia Meloni — pour la première fois en tant que Première ministre — lors de la 78ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies.

EURACTIV Italie
Manhattan,,New,York,,Usa.,01/03/2020,The,United,Nations,Logo,On
« L’Italie ne peut rester seule et l’aide de l’Europe ne suffit pas [sur la question migratoire]. C’est le sens de son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies », a déclaré une source gouvernementale citée par la presse italienne. [ [Shutterstock/ReginaPivetta]]

L’urgence migratoire face à laquelle l’Italie est confrontée sera l’un des sujets principaux abordés par la Première ministre italienne Giorgia Meloni, lors de son premier passage à une Assemblée générale des Nations Unis, à New York.

Mme Meloni prévoit également de débattre d’une réforme du système onusien, de l’importance du multilatéralisme et du travail « nécessaire et incessant » pour une « paix juste » en Ukraine.

« L’Italie ne peut rester seule et l’aide de l’Europe ne suffit pas [sur la question migratoire]. C’est le sens de son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies », a déclaré une source gouvernementale citée par la presse italienne.

Une série de réunions est également à l’agenda de la Première ministre, dont une avec le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, voire avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan. Elle devrait aussi parler flux migratoires avec le président algérien, Abdelmadjid Tebboune.

Le sujet de l’immigration est un sujet éminemment européen et international. Si Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne, était dimanche (17 septembre) sur l’île de Lampedusa pour annoncer une aide humanitaire et logistique à l’Italie, le débat est de nature mondiale. En ce sens, la tribune de l’ONU est particulièrement adaptée.

« Lampedusa n’est que la partie émergée de l’iceberg », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani. Quant au ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, de passage en Italie lundi (18 septembre), il a dit vouloir tenir un discours de « fermeté ».

Giorgia Meloni n’a pas hésité à faire part de ses critiques à l’opposition de gauche italienne, voire au haut représentant de l’UE Josep Borrell, qui ont critiqué l’accord signé entre Bruxelles et la Tunisie pour tenter de juguler les traversées de migrants par la Méditerranée dans l’espoir d’atteindre les côtes européennes. Mme Meloni avait été une actrice de premier plan pour l’adoption de cet accord.

Le gouvernement italien considère que l’absence de versement de fonds européens à Tunis est l’une des principales raisons de l’augmentation des débarquements au cours des dernières semaines, qui résulte du relâchement des contrôles sur les côtes tunisiennes.

« Il est triste de constater qu’une partie des forces politiques italiennes et européennes, pour des raisons idéologiques ou, pire, par calcul politique, s’acharnent et font tout pour démanteler le travail effectué », a déclaré Mme Meloni.

« En substance, la volonté de la gauche européenne est de rendre inévitable l’immigration illégale de masse », a ajouté Mme Meloni, tandis que M. Tajani a souligné : « Quand la Commission européenne signe un accord, cet accord doit être respecté ».