Pour son dernier meeting, François Xavier-Bellamy appelle à un vote utile à droite

Lors du dernier meeting des républicains (LR) qui s’est déroulé mercredi soir (5 juin) au Cannet, dans les Alpes-Maritimes, François Xavier Bellamy a appelé les électeurs français à un vote utile pour l’Europe, alors que la droite européenne est sur le point d’être majoritaire dans l’UE.

EURATIV France
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Quels que soient les résultats des élections européennes ce dimanche, les forces en présence ne devraient pas fondamentalement changer. Le PPE pourrait rester le premier groupe politique au Parlement. Les Républicains en sont conscients. [Les Républicains]

Lors du dernier meeting de campagne des Républicains (LR), mercredi soir (5 juin) dans les Alpes-Maritimes, François-Xavier Bellamy a appelé les électeurs à un vote « utile pour l’Europe », alors que la droite européenne devrait rester majoritaire au Parlement.

« Le vrai clivage politique européen, les grandes forces qui structurent le débat, ce sont la droite et la gauche », a martelé François-Xavier Bellamy, 38 ans, devant près de 2000 militants rassemblés dans une salle de la petite ville de Cannet, près de Cannes (Alpes-Maritimes).

La tête de liste de la liste LR achève ainsi une campagne que même ses adversaires politiques considèrent comme « maitrisée ». François-Xavier Bellamy s’est fait remarquer en critiquant l’omniprésence dans les médias de la majorité présidentielle et du Rassemblement national (RN). « Nous sommes entrés par effraction », a-t-il lancé aux journalistes avant de monter sur scène.

Plusieurs séquences ont mis en lumière le candidat Bellamy : sa confrontation avec le député de La France Insoumise (LFI) Louis Boyard et des manifestants pro-palestiniens devant l’école Science Po à Paris, ou sa dénonciation du débat entre le Premier ministre Gabriel Attal et la tête du liste du Rassemblement national (RN) Jordan Bardella, le 23 mai dernier.

La gauche, adversaire prioritaire

À ses côtés au Cannet, devant des écrans aux couleurs de la France, Michèle Tabarot, maire de la ville, Eric Ciotti, président des Républicains et quelques colistiers de premier plan, comme le chirurgien Laurent Castillo (5e) ou le général Christophe Gomart (3e).

Tour à tour, les cadres du parti ont déroulé les fondamentaux de la droite, sur une terre acquise à leur cause : « insécurité, bureaucratie, civilisation ».

Mais c’est contre le président de la République que les intervenants ont concentré leurs attaques avant le 9 juin. Créer « une dette européenne » et « de nouveaux impôts », « une belle idée française », ironise François-Xavier Bellamy, reprenant l’expression d’Emmanuel Macron lors de son discours de la Sorbonne.

Contre « l’hypertrophie administrative » qui « tue », dans les domaines de la santé, de l’agriculture, de l’immigration, mais aussi contre le « saut fédéraliste » promu à demi-mot par le Président, François-Xavier Bellamy promet une France et une Europe de la « protection » et de la « liberté ».

Les coups visent aussi à éteindre les rumeurs qui ont empoisonnée la fin de campagne des Républicains, et qui voulaient que Gérard Larcher rejoigne Matignon après les élections. François-Xavier Bellamy avoue avoir eu des « inquiétudes » sur les conséquences de ces dernières, selon lui venues de l’Élysée. Avant que le démenti du président du Sénat ne dissipe « la confusion ».

Mais « la gauche » reste l’ennemi prioritaire. Celle, « antinucléaire », qui vient des rangs macronistes, à l’image de Pascal Canfin, ou celle qui « importe le conflit israélo-palestinien » et qui soutient un « califat aux portes de l’Europe », à savoir LFI, crédité de 8 % des intentions de vote.

Les élus du RN, vainqueur attendu des élections, n’ont pas non plus été épargnés, mais de façon moins insistante. Non seulement « ils ne travaillent pas », insiste Bellamy, mais leur « socialisme caché » les conduit à refuser de réformer le revenu de solidarité active (RSA) ou de voter contre la réforme « nécessaire » des retraites.

Reconquête, ennemis en coulisses

Pas un mot en revanche sur la liste d’extrême droite Reconquête, alors que Marion Maréchal tenait son dernier rassemblement de campagne au même moment à Nice. « Nous avons aussi des électeurs à aller chercher », confiait quelques heures plus tôt à Euractiv Stanislas Rigault, en 6e position sur la liste Reconquête.

Le sud de la France, très touché selon ce dernier par l’invasion migratoire, est une terre traditionnelle pour les trois listes de la « droite nationale », veut-il croire. Pas d’interférence, donc.

Depuis plusieurs semaines, François-Xavier Bellamy est pourtant pris pour cible par les responsables de Reconquête. Pour le parti de Marion Maréchal, la droite de gouvernement est en effet comptable des échecs de la France et de l’Europe.

« La liste contient des vestiges de la sarkozie, qui promettait il y a encore quelques années de passer le ‘karcher’ dans les cités », glisse Stanislas Rigault, faisant référence à Nadine Morano et à Brice Hortefeux, 6 et 7e sur la liste des Républicains.

Mais alors que l’ultime bataille de la « guerre des droites » se jouait ce mercredi sur la Côte d’Azur, les dirigeants républicains ont préféré maintenir leur stratégie : s’attaquer en priorité au gouvernement et à la gauche en Europe.

« Le débat doit se recentrer », assure pour Euractiv Laurent Castillo. « Il faut le repositionner entre le Parti populaire européen (PPE) et les socialistes ».

Le « vote utile » à droite

À l’issu des élections du week-end, les conservateurs devraient rester majoritaire au Parlement européen, et 15 des 27 chefs d’États et de gouvernement au Conseil européen seront de droite. « Nous aurons enfin tous les leviers européens », veut ainsi croire François-Xavier Bellamy, qui appel à « un vote utile à droite » pour lutter contre la gauche au sein des institutions européennes, mais aussi contre les écologistes et les centristes.

Reste que certaines positions du Parti populaire européen (PPE) embarrassent la droite française. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, architecte du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal), n’a pas les faveurs des Républicains et la voix de François-Xavier Bellamy risque donc de ne pas porter très loin.

Ce dernier a plusieurs fois rappelé pendant la campagne ne pas exclure de voter des textes avec le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE), positionné à l’extrême droite, mais il reste confiant pour l’après 9 juin.

« Si nous avons la majorité au PPE, nous n’aurons pas forcément besoin de nouer d’alliance », assure la numéro 2 de la liste des Républicains, Céline Imar, à la sortie du meeting. « Le PPE s’oppose à une Europe fédéraliste, élargie, à plus de dette, à plus d’impôt : nous partageons tous la même vision et la même stratégie européenne. »