Prague : la tenue des sommets de mai pose question [FR]
L’éviction de Mirek Topolánek soulève des questions quant à une série de rencontres internationales de haut niveau devant se tenir à Prague, dans la mesure où le Premier ministre tchèque démissionnaire sera toujours président officiel de l’UE lorsque les sommets auront lieu début mai.
L’éviction de Mirek Topolánek soulève des questions quant à une série de rencontres internationales de haut niveau devant se tenir à Prague, dans la mesure où le Premier ministre tchèque démissionnaire sera toujours président officiel de l’UE lorsque les sommets auront lieu début mai.
Des analystes ont déclaré que la présidence tchèque s’était de facto terminée suite à la perte, par le gouvernement de M. Topolánek, d’un vote de défiance au Parlement tchèque le 24 mars.
Cité par la presse tchèque, l’analyste Pave Sobisek de l’UniCredit Bank a déclaré qu’il était convaincu, malheureusement, qu’avec le vote de défiance envers le gouvernment tchèque, la présidence européenne tchèque avait de facto pris fin.
Au même moment, M. Topolánek a accusé la France et la presse occidentale de répandre le message selon lequel un petit pays tel que la République tchèque est incapable de gouverner l’UE.
M. Topolánek s’est confié à Dnes, un quotidien tchèque, déclarant qu’ils avaient convaincu tout le monde qu’un pays de taille petite ou moyenne est capable de gouverner l’UE ; voilà que soudainement, chacun dit que les petits pays ne le peuvent pas, et que c’est aux grands frères de superviser le tout. Une telle opinion se retrouve clairement dans toutes les déclarations, par exemple de la France, et dans tous les commentaires présents les journaux occidentaux, a-t-il poursuivi.
M. Topolánek devra présider trois sommets en à peine deux jours. Un sommet sur l’emploi prévu le 7 mai au matin a été déclassé : le sommet à part entière des 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE sera en fait une troïka, où seules la République tchèque et les prochaines présidence (Suède et Espagne) seront représentées.
L’actuel trio de présidences comprend la France, la République tchèque et la Suède. Elles ont présenté leur programme commun de 18 mois en juin 2008.
Originellement, l’UE devait tenir un sommet sur l’emploi le 7 mai, à Prague, pour évaluer le paquet de mesures pour la reprise et pour identifier des moyens supplémentaires de restructurer le marché européen de l’emploi à l’avenir (EURACTIV 20/03/09). Mais comme le climat général reste morose, le sommet sera probablement assez informel.
Des points d’interrogation sur la liste d’invités
Le sommet du Partenariat oriental, l’après-midi du même jour, rassemblera les 27 chefs d’Etat et de gouvernement. Reste à savoir qui représentera certains des pays bénéficiaires, notamment l’Ukraine, la Moldavie, la Géorgie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Biélorussie.
La Moldavie est en pleine crise politique à la suite d’un différend gazier, et ses relations avec la Roumanie, membre de l’UE, sont tendues (EURACTIV 09/04/09). L’Ukraine subit le même sort après que le Parlement, à Kiev, a récemment appelé à la tenue d’élections présidentielles anticipées (EURACTIV 02/04/09). En outre, aucune décision n’a été prise quant à la participation d’Alexandre Loukachenko, considéré comme le dernier dictateur d’Europe.
L’Azerbaïdjan, qui a récemment élu de facto Ilham Aliev comme président à vie (EURACTIV 19/03/09), a agacé l’UE en signant avec Gazprom un mémorandum d’approvisionnement à long terme de gaz d’Asie centrale vers la Russie aux prix du marché, ébranlant une nouvelle fois le projet européen de gazoduc Nabucco (EURACTIV 01/04/09).
C’est précisément l’absence de Nabucco de la troisième réunion, le 8 mai, intitulée « Corridor Sud – Nouvelle route de la soie », qui soulève des questions. En dépit de l’opposition allemande, le nom de Nabucco a récemment disparu d’une liste de projets devant être financés par un plan de relance européen de 5 milliards d’euros (EURACTIV 17/03/09). Il a été remplacé par les termes de « corridor gazier sud ». A la suite de pressions de la Pologne notamment (EURACTIV 18/03/09), le nom de Nabucco est réapparu dans le document final (EURACTIV 20/03/09).
Des porte-parole ont expliqué que le fait que le nom de Nabucco ne soit pas mentionné ne signifiait pas que le projet était absent. En parallèle, la Turquie a fait parvenir un courrier aux Etats membres de l’UE qui participent au projet, les pressant de signer avant le mois de juin un accord intergouvernemental les engageant à construire le gazoduc.
Gazprom devrait quant à lui signer une série de documents relatifs au projet rival de gazoduc South Stream, lors d’un forum sur l’énergie devant se tenir à Sofia les 24 et 25 avril.