Predator : la commission du Parlement européen se rendra en Grèce pour enquêter sur l'affaire d'espionnage

La commission mise en place par le Parlement européen pour enquêter sur le scandale des logiciels d’espionnage et de surveillance, appelée PEGA, doit se rendre en Grèce et à Chypre pour  y interroger des témoins clés.

EURACTIV Grèce
EU Parliament’s hearing over use of spyware in Greek government
La commission PEGA se rendra dans les deux pays au début du mois de novembre afin d'enquêter sur les rapports faisant état de l'utilisation illégale de logiciels espions contre des citoyens, notamment des responsables politiques et des journalistes. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

La commission mise en place par le Parlement européen pour enquêter sur le scandale des logiciels d’espionnage et de surveillance, connue sous le nom de PEGA, doit se rendre en Grèce et à Chypre pour interroger des témoins clés sur le terrain.

La commission PEGA se rendra dans les deux pays au début du mois de novembre afin d’enquêter sur les rapports faisant état de l’utilisation illégale de logiciels d’espionnage contre des citoyens, y compris des responsables politiques et des journalistes. Le scandale a éclaté lorsque l’eurodéputé et chef du parti socialiste grec Nikos Androulakis a déposé un rapport après que les autorités du Parlement européen ont détecté des signes du logiciel Predator sur son téléphone.

Le vice-président du Parlement européen, Dimitrios Papadimoulis, a déclaré à EURACTIV lundi (3 octobre) que les manœuvres du gouvernement grec et du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis ne seront pas tolérées à Bruxelles.

« Une grande majorité de la gauche, y compris les membres du PPE et la rapporteure de la commission, Sophie in Veldt, qui appartient au groupe d’Emmanuel Macron, sont déterminés à aller au bout de cette affaire, comme le prouve également la demande d’enquête sur la mise sous surveillance par Europol ».

La commission PEGA a publié lundi un document invitant la directrice exécutive d’Europol, Catherine de Bolle, à suggérer de nouvelles enquêtes sur les abus en matière de logiciels espions en Europe.

La mission en Grèce et à Chypre prévoit des rencontres avec les parlements chypriote et grec, des ministres, le propriétaire d’Interlexa (la société qui fournit Predator), son PDG et d’autres témoins essentiels. La commission parlementaire rencontrera également des responsables politiques et des journalistes ciblés.

La commission parlementaire grecque, contrôlée par la majorité, a examiné le scandale des logiciels espions à partir du 7 septembre et a conclu ses travaux le 30 septembre. Elle a bloqué les témoignages de la plupart des personnes directement liées à Predator, telles que le propriétaire et le PDG d’Interlexa.

Suite à la publication de l’ordre du jour par M. Papadimoulis, Jeroen Lenaers, président de la commission PEGA et membre du PPE, a écrit sur Twitter qu’il ne s’agirait que d’un « tout premier projet d’ordre du jour, à usage administratif interne uniquement, qui n’a même pas été partagé avec les groupes politiques, et encore moins avec des interlocuteurs potentiels ». Il a critiqué M. Papadimoulis en déclarant « qu’il est honteux qu’un vice-président du Parlement européen partage un tel projet de document interne à des fins de politique intérieure. »

Cependant, des sources au Parlement européen ont déclaré à EURACTIV que M. Lenaers avait approuvé le calendrier proposé pour la mission d’enquête de la commission PEGA à Athènes et à Nicosie.