Présidentielle 2022 : l'AFP s'associe à Google pour lutter contre la désinformation
L’Agence France-Presse (AFP) et Google France ont lancé lundi (6 décembre) un programme de lutte contre la désinformation intitulé « Objectif Désinfox », en amont de l'élection présidentielle de 2022.
L’Agence France-Presse (AFP) et Google France ont lancé lundi (6 décembre) un programme de lutte contre la désinformation intitulé « Objectif Désinfox », en amont de l’élection présidentielle de 2022.
L’AFP et Google souhaitent collaborer pour mieux armer les journalistes face au risque de désinformation qui pourrait venir polluer la prochaine élection présidentielle, dont le premier tour aura lieu en avril 2022.
Des formations thématiques seront proposés à partir de mi-janvier aux médias membres de cette nouvelle alliance pour éduquer aux outils d’investigation numérique (vérification, veille, etc.).
« J’appelle les rédactions à s’intéresser à ce programme dont le volet formation permettra à leurs journalistes de gagner en agilité derrière leurs écrans et de consacrer le temps ainsi reconquis au terrain », a indiqué le PDG de l’AFP, Fabrice Fries, dans un communiqué.
Une plateforme collaborative verra également le jour pour permettre aux journalistes d’échanger, de signaler les contenus faux ou trompeurs et de partager le contenu « fact-checké » entre les rédactions participantes – à l’instar de ce que fait Meta, anciennement connu sous le nom de Facebook, avec ses 80 médias partenaires « fact-checker », dont Les Décodeurs (Le Monde), l’AFP, 20 Minutes et France24 en France.
Car Google n’est pas le seul géant de la tech à se mettre en ordre de bataille en amont de l’élection présidentielle. La société de Mark Zuckerberg a annoncé la semaine dernière étendre son programme « Facebook Protect » dans de nouveaux pays, dont la France.
Testé pour la première fois en 2018 et mis à l’épreuve dans le contexte des élections américaines de 2020, ce programme va notamment obliger les personnalités publiques à utiliser une authentification à deux facteurs, pour mieux sécuriser leur compte.
Meta France a également publié un guide à destination des femmes élues et candidates pour les aider à tirer profit des plateformes comme Facebook et Instagram « tout en leur offrant des expériences en ligne sûres ».
Ingérence étrangère
Si elle est souvent malveillante, la désinformation peut également s’inscrire dans une stratégie plus large d’ingérence et de manipulation de la part d’acteurs étrangers – alors que les exemples de déstabilisation d’échéances électorales par le numérique se sont multipliées ces dernières années.
Si bien que le gouvernement français a mis en place en septembre un service spécialement dédié à ces menaces, la VigiNum (vigilance et protection contre les ingérences numériques étrangères).
Bien consciente de ces enjeux, la Commission européenne a d’ailleurs proposé fin novembre de nouvelles règles pour encadrer la publicité politique en ligne, en introduisant des obligations de transparence pour les annonceurs.
« Les nouvelles technologies devraient être des outils d’émancipation, et non de manipulation. Cette proposition ambitieuse apportera un niveau de transparence sans précédent aux campagnes politiques et limitera les techniques de ciblage opaques », a déclaré Vera Jourová, vice-présidente de la Commission.
Au-delà de la seule problématique de la désinformation, c’est aussi celle de la cybersécurité qui se pose. En 2017, deux jours avant le vote du second tour, quelques 20 000 emails liés à la campagne du candidat Emmanuel Macron avaient été diffusés.
Une étude publiée par l’organisation France Digitale et le cabinet de conseil Wavestone en juillet dernier invitait les parties prenantes à anticiper ce phénomène et à faire appel à l’écosystème français « complet » et qui « est prêt à se mobiliser » face à ces menaces.
« Face à cet événement central de la vie démocratique française, les attaquants vont rapidement se pré-positionner et commencer leurs actions de reconnaissance pour être prêts à frapper quand le moment opportun sera venu ! C’est pourquoi il faut agir dès aujourd’hui », notait Gérôme Billois, associé cybersécurité chez Wavestone.