Processus de Berlin : la Serbie refuse de signer les accords de dialogue avec le Kosovo

Lors d’un sommet organisé à Tirana, la Serbie aurait refusé de signer des accords facilités par l’UE pour la normalisation des relations avec le Kosovo, selon le Premier ministre kosovar.

Euractiv.com
Berlin Process – Leaders’ Summit in Tirana
De gauche à droite : le secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères James Cleverly, la présidente hongroise Katalin Novak, le président du Conseil européen Charles Michel, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, le chancelier allemand Olaf Scholz, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte et le Premier ministre albanais Edi Rama, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le Premier ministre croate Andrej Plenkovic, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et le Premier ministre du Monténégro Dritan Abazovic posent pour une photo lors du Sommet du Processus de Berlin à Tirana, en Albanie, le 16 octobre 2023. [EPA-EFE/MALTON DIBRA]

Lors d’un sommet organisé à Tirana, la Serbie aurait refusé de signer l’accord de base du Processus de Berlin et l’accord d’Ohrid pour la normalisation des relations avec le Kosovo, tous deux facilités par l’Union européenne, selon le Premier ministre kosovar, Albin Kurti.

L’accord et ses annexes ont déjà fait l’objet d’un arrangement verbal dans le cadre d’un dialogue soutenu par l’UE en vue de normaliser les relations entre les deux pays. Le président serbe Aleksandar Vučić a toutefois refusé de signer ces accords, en dépit de la volonté du Kosovo.

Le président serbe était en voyage en Chine et n’a donc pas pu être présent lors du sommet. Le pays était représenté par la Première ministre Ana Brnabić.

S’adressant à la presse en fin de journée, M. Kurti a rappelé que l’accord avec la Serbie, daté du 27 février et « basé sur la reconnaissance mutuelle », devait à présent être « mis en œuvre ».

« Aujourd’hui même, j’ai demandé au Premier ministre serbe de signer l’accord de base et l’annexe d’Ohrid. Je suis pour leur mise en œuvre » a-t-il déclaré, soulignant que « le président [Aleksandar] Vučić est en Chine pour rencontrer les grandes puissances de l’Est » et que l’accord « ne l’intéresse toujours pas ».

La reconnaissance du Kosovo, une ligne rouge pour la Serbie

La Serbie a toujours affirmé qu’elle soutenait le processus de dialogue et qu’elle était prête à y prendre part, insistant sur la mise en œuvre de divers accords, tels que l’accord sur l’Association serbe du Kosovo.

Toutefois, elle refuse depuis onze ans de signer ces accords, car cela ouvrirait la voie à une normalisation plus poussée et à une reconnaissance de facto de la souveraineté du Kosovo.

En outre, sur le peu d’accords signés, très peu ont effectivement été mis en œuvre.

Attentat terroriste

En ce qui concerne les mesures à prendre à l’encontre de la Serbie à la suite de l’attentat terroriste du 24 septembre dans le nord du Kosovo, l’UE a maintenu sa ligne lors du sommet.

Pour rappel, fin septembre, un commando de Serbes du Kosovo a tendu une embuscade à la police kosovare à Banjska, dans le nord du pays, où de nombreux Serbes de souche résident. Au terme des échanges de tirs, un policier kosovar albanais et trois Serbes du Kosovo ont été tués.

Le gouvernement kosovar et les Albanais du Kosovo rejettent la responsabilité des violences sur Belgrade, tandis que cette dernière dément les accusations.

Lors du sommet, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré qu’il était nécessaire de mener une enquête approfondie et que ce n’est qu’ensuite qu’une décision serait prise à l’égard de la Serbie.

Le chancelier allemand Olaf Scholz a ajouté que l’attaque contre la police du Kosovo était inacceptable.

« Nous condamnons l’attaque contre les forces de police du Kosovo. Nous ne l’accepterons pas, et il est clair que les pays de l’UE et l’Allemagne ne peuvent tolérer cela. Nous exigeons des enquêtes approfondies de la part des autorités kosovares et la coopération des autorités serbes dans le cadre de ces enquêtes », a déclaré M. Scholz.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]