Qatargate : Avramopoulos n'a pas été innocenté, selon la Commission européenne

Il s'agissait de contrôles, et « non d'une enquête interne », précise un responsable de l'exécutif européen

EURACTIV.com
[Photo : Commission européenne]

Aucune enquête n’a été menée pour disculper l’ancien commissaire grec Dimitris Avramopoulos de son rôle présumé dans l’affaire du Qatargate, a déclaré jeudi la Commission européenne.

S’adressant à Euractiv mercredi, Avramopoulos a affirmé que son cas avait en réalité été classé sans suite en 2022.

Sa version a été contestée par la Commission, qui a précisé que des contrôles de routine portant sur ses activités postérieures à son mandat de commissaire ont été effectués, et non une enquête approfondie sur l’ONG Fight Impunity.

« Fin 2022, nous avons procédé à des vérifications internes, et non à une enquête interne. Il y a une différence entre les deux », a souligné jeudi un responsable de la Commission.

Selon ce responsable, ces vérifications avaient pour but de s’assurer que l’ancien commissaire avait respecté toutes les dispositions pertinentes énoncées dans la décision du Collège autorisant sa participation à « Fight Impunity », une ONG que les autorités belges soupçonnent de faire partie d’un réseau criminel.

« Nous n’avons pas examiné les activités de l’ONG elle-même. Cela relève de la compétence des autorités belges, pas de la nôtre », a ajouté le responsable.

Avramopoulos a qualifié cet examen d’enquête qui a conclu qu’il n’avait contacté aucun fonctionnaire de la Commission dans le but d’influencer les décisions relatives à la libéralisation du régime des visas pour le Qatar au nom de l’ONG .

Euractiv a pu consulter des documents suggérant que les 27 commissaires européens ont tous nié qu’Avramopoulos les ait contactés au nom de Fight Impunity pour faire pression en faveur de la levée des obligations de visa pour le Qatar.

La délivrance lundi d’un mandat d’arrêt belge à l’encontre d’Avramopoulos dans le cadre du scandale du Qatargate a provoqué une onde de choc à Athènes.

Il fait l’objet d’allégations graves, notamment de participation à une organisation criminelle, de corruption répétée d’un agent public et de blanchiment d’argent. Avramopoulos a nié toutes les accusations préliminaires et est présumé innocent.

La situation s’est compliquée après que des articles de presse ont laissé entendre que le dossier belge transmis à Athènes contient des références à l’ancien vice-président de la Commission européenne Margaritis Schinas, ainsi qu’à un autre ancien commissaire européen.

Selon ces informations, Schinas était considéré comme une figure clé au sein du cadre institutionnel de l’UE, dont le soutien aurait pu contribuer à faire avancer les objectifs des responsables qatariens cherchant à obtenir des accords d’exemption de visa avec l’UE.

« Je n’ai jamais eu aucune communication, aucun contact ni aucune demande de la part des autorités belges concernant une quelconque question liée à la demande de levée de l’immunité parlementaire de Dimitris Avramopoulos », a affirmé Schinas à Euractiv.

Schinas, qui occupe actuellement le poste de ministre grec de l’Agriculture, a précisé que toutes les décisions concernant les accords de libéralisation des visas pour le Qatar et le Koweït ont été adoptées à l’unanimité par le Collège des commissaires, à l’issue d’une évaluation approfondie et d’une recommandation favorable des services de l’exécutif européen.

Le Parlement grec devrait se prononcer sur la levée de l’immunité parlementaire d’Avramopoulos dans les prochains jours.

Thomas Moller-Nielsen a contribué à cet article

(bw, cs)