Qatargate : les eurodéputés protègent Gualmini et lèvent l’immunité de Moretti

Le Parlement européen a voté mardi 16 décembre pour protéger l’immunité de l’eurodéputée socialiste Elisabetta Gualmini, tout en acceptant de lever celle de sa collègue Alessandra Moretti — une étape clé dans l’enquête dite du « Qatargate ».

EURACTIV.com
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Alessandra Moretti, eurodéputée italienne du groupe des Socialistes et Démocrates européens (S&D). [UE 2025]

Le vote à Strasbourg détermine si les procureurs belges peuvent interroger et éventuellement inculper les deux législatrices en exercice dans le cadre d’une enquête en cours sur des allégations selon lesquelles le Qatar et le Maroc auraient versé des pots-de-vin à des fonctionnaires de l’UE en 2022 afin d’influencer les décisions prises à Bruxelles.

Les deux votes ont été tenus à bulletin secret. Dans le cas de Alessandra Moretti, sur 651 votes exprimés, 497 ont soutenu la levée de son immunité, 139 ont voté contre et 15 se sont abstenus. Pour Elisabetta Gualmini, sur 655 votants, 282 ont voté contre la levée de son immunité, 254 ont voté pour et 19 se sont abstenus.

La plénière a confirmé la recommandation émise par la commission des Affaires juridiques (JURI) du Parlement début décembre.

En levant l’immunité de Alessandra Moretti mais en protégeant Elisabetta Gualmini, le Parlement a ouvert la voie aux enquêteurs pour poursuivre une affaire tout en bloquant l’autre. La demande de levée d’immunité a été déposée pour la première fois en mars dernier par le procureur fédéral belge.

Les deux députés européens nient toute malversation, insistant sur leur « absence totale d’implication dans des activités de corruption ».

Après le dépôt de la demande, le groupe des Socialistes et Démocrates a suspendu les deux législatrice, avant de les réadmettre avant le vote sur l’immunité au sein de la commission des affaires juridiques.

La décision de réintégrer les deux eurodéputées va à l’encontre de l’engagement pris par le groupe en 2022, après le scandale du Qatargate, d’appliquer une « tolérance zéro » en matière de corruption, bien avant que les verdicts des tribunaux ne soient rendus.

Alessandra Moretti fait désormais partie des favoris socialistes pour présider la puissante commission de l’environnement du Parlement, après le départ de son collègue député européen Antonio Decaro, suite à sa victoire aux élections régionales en Italie, avaient précédemment déclaré trois responsables à Euractiv.