Qatargate : la Belgique demande la levée de l'immunité d'un ancien commissaire
Les autorités belges ont engagé une procédure qui pourrait déboucher sur la délivrance d’un mandat d’arrêt à l’encontre de l’ancien commissaire européen chargé des migrations, Dimitris Avramopoulos, en raison de son implication présumée dans le scandale du Qatargate.
L’ancien commissaire siégeait au conseil d’administration de Fight Impunity, une ONG fondée par Antonio Panzeri, l’ancien député européen au cœur du scandale de corruption qui a secoué Bruxelles.
Cette dernière évolution a été confirmée par une source judiciaire belge s’exprimant auprès de De Standaard, une publication sœur d’Euractiv.
Selon des informations locales, les autorités judiciaires grecques ont été informées d’une demande de levée de l’immunité d’Avramopoulos, qui siège actuellement au Parlement grec et bénéficie donc d’une protection contre toute enquête ou poursuite. Une majorité de députés doit approuver cette demande avant que l’enquête puisse se poursuivre.
Avramopoulos, qui n’a pas encore été formellement inculpé et est présumé innocent, a qualifié cette affaire d’« entièrement infondée », mais a souligné qu’il s’adresserait personnellement aux autorités judiciaires grecques pour « demander que cette affaire fasse l’objet d’une enquête approfondie et d’un jugement ».
L’ancien commissaire a également déclaré que son implication au sein de l’ONG de Panzeri était « tout à fait légale, dûment contrôlée et approuvée ».
Les procureurs belges affirment toutefois que ces versements provenaient d’un « réseau criminel », selon les médias locaux.
« La question qui a été associée à mon nom a été résolue il y a trois ans, dans le respect total de la transparence institutionnelle et avec l’approbation formelle de la Commission européenne, en vertu d’une décision signée par sa présidente, Ursula von der Leyen », a déclaré Avramopoulos, faisant référence à une enquête interne de la Commission européenne.
Le Qatargate est un scandale de corruption qui a éclaté en décembre 2022 et qui porte sur des allégations selon lesquelles des fonctionnaires et des députés européens liés au Qatar auraient reçu des paiements en espèces et des cadeaux en échange de la promotion de positions favorables à cet État du Golfe.
Plusieurs personnes ont nié toute malversation, tandis que les enquêtes menées par les autorités belges se poursuivent.
Le parquet de Bruxelles, chargé de l’affaire, n’a pas souhaité faire de commentaire.