Réaction des dirigeants européens à l'élection de Nicolas Sarkozy [FR]
Alors que G. Bush, A. Merkel et T. Blair se sont succédés pour féliciter N. Sarkozy pour sa victoire aux élections présidentielles françaises, une certaine appréhension règne en Turquie à l'idée que cette victoire n'affecte des négociations d'adhésion à l'UE déjà difficiles.
Alors que G. Bush, A. Merkel et T. Blair se sont succédés pour féliciter N. Sarkozy pour sa victoire aux élections présidentielles françaises, une certaine appréhension règne en Turquie à l’idée que cette victoire n’affecte des négociations d’adhésion à l’UE déjà difficiles.
- Economie
N. Sarkozy est apprécié des Européens qui voient en lui un homme capable de mettre en place les réformes nécessaires pour redynamiser l’économie française, notamment en mettant un terme aux 35h. Cependant, ses récentes déclarations protectionnistes, dans lesquelles il s’est engagé à défendre les entreprises françaises contre les OPA étrangères et a mis sur le compte d’un euro fort les malheurs de l’économie française, ont provoqué le désarroi à la Commission et à la Banque centrale européenne.
S’adressant à ses partisans après son élection, il a appelé l’Union européenne à ne pas devenir le « Cheval de Troie » de tous les problèmes que la mondialisation porte en elle.
- Traité européen
N. Sarkozy plaide depuis longtemps en faveur d’un « mini-traité » pour remplacer la Constitution européenne actuellement dans l’impasse. Cette nouvelle « boîte à outil », visant principalement à rationaliser le processus de décision à Bruxelles de manière à éviter l’impasse démocratique au sein d’une Europe des 27 qui devrait encore s’agrandir, ne serait pas soumise à un nouveau référendum.
- Relations transatlantiques
La victoire de N. Sarkozy, souvent décrit comme « Sarko l’Américain » par ses adversaires, représente un soulagement pour Washington après des années de relations tendues avec le président sortant, Jacques Chirac, concernant la guerre en Irak.
Avant les élections, tant le sénateur républicain, Dick Lugar, que le sénateur démocrate, Charles Schumer, se sont montrés en faveur de N. Sarkozy. C. Schumer a en effet déclaré : « Il serait agréable d’avoir un président à la tête de la France qui n’a pas une réaction presque épidermique envers les Etats-Unis ».
Lors du discours prononcé à la suite de l’annonce du résultat de l’élection, N. Sarkozy s’est adressé aux Etats-Unis, déclarant : « Ils peuvent compter sur notre amitié ». Il a néanmoins ajouté : « Mais je veux leur dire aussi que l’amitié c’est accepter que ses amis puissent penser différemment, et qu’une grande nation comme les Etats-Unis a le devoir de ne pas faire obstacle à la lutte contre le réchauffement climatique, mais au contraire d’en prendre la tête parce que ce qui est en jeu c’est le sort de l’humanité tout entière ».
- Elargissement et immigration
La victoire de Sarkozy n’est cependant pas perçue comme une bonne nouvelle pour la Turquie, pays candidat à l’UE. En effet, le président élu s’oppose à la poursuite de l’élargissement de l’UE, soutenant que l’identité de l’Europe en serait affaiblie et que l’UE deviendrait une institution impossible à gérer.
De plus, il a souligné que « quand bien même c’était un pays laïc, il était en Asie mineure. Je n’expliquerai pas aux écoliers français que les frontières de l’Europe sont avec l’Irak et la Syrie ».
Il soutient en revanche une « Union méditerranéenne » sur le modèle de l’Union européenne qui engloberait la Turquie et d’autres pays musulmans d’Afrique du Nord et qui s’efforcerait de résoudre les problèmes comme à la fois de l’immigration et de la pauvreté. Il a déclaré que la France et les Africains décideraient « ensemble d’une politique d’immigration maîtrisée », bien que de nombreuses personnes pensent que N. Sarkozy pourrait durcir les lois relatives à l’immigration et procéder à des expulsions en masse.