Réunion des ministres de la zone euro : pas d'avancée sur la crise de la dette
La réunion des ministres des finances de la zone euro de vendredi dernier (16 septembre) s'est terminée sans qu'aucune mesure ne soit prise, malgré les nombreux appels pour qu'ils finalisent rapidement le second programme d'aide de la Grèce et ratifient les réformes du fonds de sauvetage de la zone euro qui s'élève à 440 milliards d'euros
La réunion des ministres des finances de la zone euro de vendredi dernier (16 septembre) s'est terminée sans qu'aucune mesure ne soit prise, malgré les nombreux appels pour qu'ils finalisent rapidement le second programme d'aide de la Grèce et ratifient les réformes du fonds de sauvetage de la zone euro qui s'élève à 440 milliards d'euros
Les ministres et les gouverneurs des banques centrales des 17 pays de la zone euro et de l'Union des Vingt-Sept se sont réunis vendredi et samedi dans la ville polonaise de Wroclaw pour aborder la question du ralentissement de la croissance économique en Europe et progresser dans le renforcement des défenses de la zone euro contre la crise de la dette souveraine.
Vendredi à Wroclaw, lors d'une participation sans précédent aux discussions informelles des autorités financières de l'UE, le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, a invité l'Allemagne à encourager financièrement la zone euro en difficulté.
Il a également appelé les Européens à renforcer le Fonds européen de stabilité financière qui s'élève à 440 milliards d'euros.
Réforme du FESF ratifiée d'ici mi-octobre
Les représentants de la zone euro n’ont pas accédé aux demandes de M. Geithner, affirmant que leur priorité était de mettre en œuvre l'accord du 21 juillet conclu par les chefs d'Etat de la zone afin de renforcer la capacité du FESF en lui permettant d'intervenir sur le marché obligataire, d'accorder des crédits préventifs aux gouvernements et de recapitaliser les banques.
« La consolidation budgétaire reste la priorité de la zone euro », a déclaré le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe.
Toutefois, ces changements doivent encore être ratifiés par les pays de la zone, et seuls quatre parlements nationaux ont déjà donné leur accord : la Belgique, l'Espagne, la France et le Luxembourg. Le Bundestag allemand votera sur cette question le 29 septembre prochain.
Ces nouvelles compétences devraient entrer en vigueur mi-octobre, a déclaré le responsable du FESF, Klaus Regling.
Aide en suspens pour la Grèce
L'autre aspect de l'accord du 21 juillet, qui doit encore être mis en œuvre, est le second programme d'aide pour Athènes.
Le 21 juillet, les dirigeants de la zone euro avaient promis à la Grèce une nouvelle aide de 109 milliards d'euros. Le versement de cette somme devra cependant attendre une solution au problème finlandais, dans la mesure où le pays demande des garanties grecques en échange d'une contribution à ce nouveau plan d'aide.
« Une solution technique est atteignable », a affirmé aux journalistes François Baroin, le ministre français des finances. Des sources de la zone euro ont néanmoins déclaré qu'un accord ne pourrait pas être conclu avant début octobre, étant donné la complexité de la situation.
« Tout le monde est désorienté »
La Commission européenne avait fait de la demande de garanties de la Finlande la priorité de cette réunion, mais elle a dû se rendre à l'évidence et admettre qu'il faudrait davantage de temps pour régler le problème.
Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a semblé quelque peu confus après la réunion. « Dans la zone euro, tout le monde est désorienté », a-t-il déclaré ironiquement lors d'une conférence de presse, après s'être trompé sur deux dates butoir concernant la crise de la dette grecque.
« J'espère que vous ne voulez pas dire que la Commission est désorientée, ce serait impossible par définition », a répondu M. Rehn, plaisantant avec les journalistes présents.
« La Commission n'est pas désorientée, mais la Commission est parfois déroutante », a ajouté M. Juncker dans un éclat de rire. M. Rehn a rétorqué qu'il essayait lui-même « de naviguer dans la mer des 17 Etats membres de la zone euro », faisant manifestement référence à la cacophonie qui règne dans la zone s'agissant de la crise de la dette.
Voir le reportage d'EUX.tv :
http://www.euractiv.com/video/wroclaw-euro-ministers-struggle-find-way-out-crisis-306838