Risques d’augmentation du chômage : l’UE et les partenaires sociaux organisent un sommet sur l’emplo

En vue de diminuer l’impact de la crise économique sur les ménages européens, l’exécutif européen et les partenaires sociaux ont annoncé des projets consistant à entreprendre une série de discussions sur la manière d’éviter une crise sociale et à forger des politiques de l’emploi luttant contre la récession au cours du prochain sommet sur l’emploi, le 7 mai.

En vue de diminuer l’impact de la crise économique sur les ménages européens, l’exécutif européen et les partenaires sociaux ont annoncé des projets consistant à entreprendre une série de discussions sur la manière d’éviter une crise sociale et à forger des politiques de l’emploi luttant contre la récession au cours du prochain sommet sur l’emploi, le 7 mai.

Prévoyant une contraction économique majeure et un fort taux de chômage, les partenaires sociaux ont indiqué hier (12 mars), qu’ils souhaitaient que le sommet sur l’emploi trouve des actions coordonnées alternatives qui feront une différence sur le plan de l’emploi. 

Dans ses dernières prévisions économiques publiées hier, BusinessEurope, l’organisation européenne des employeurs, a déclaré que les économies des 16 pays de l’eurozone pourraient se contracter de 2,1 pourcent en 2009, comparé aux 0,8 pourcent de croissance l’année dernière. Pour les pays de l’UE à 27, la croissance devrait être négative et tourner autour de 2,2 %. 

Les observateurs s’inquiètent particulièrement du fait que la récession aggravera les pertes du secteur financier, tirant le prix des actifs vers le bas, entraînant des restrictions de crédit et une vague de faillite d’entreprises, a déclaré BusinessEurope. 

Selon l’enquête de BusinessEurope, la perte de 4,5 millions d’emplois ferait augmenter le taux de chômage dans l’UE de 9 % en 2009, au-dessus des 7 % de l’année dernière. L’organisation s’attend à la destruction de 2 millions d’emploi en Espagne et au Royaume-Uni cette année. 

Le taux de chômage va empirer et cela va être une année très, très difficile, selon John Monks, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats. 

Les chiffres publiés par BusinessEurope sont bien pires que ceux figurant dans les prévisions présentés par la Commission européenne pour janvier, qui étaient une contraction de 1,8 % en Europe et de 1,9 % dans la zone euro, cette perspective se basant sur les chiffres fournis par les Etats membres. 

Plus tôt dans la semaine, le Parlement européen a adopté une série de rapports sur l’amélioration de l’économie et a demandé au sommet européen de printemps de la semaine prochaine de lancer une initiative européenne pour l’emploi. 

Le groupe socialiste a appelé à l’accroissement de l’investissement d’un pourcent supplémentaire cette année, et de 1,5 % l’année prochaine, afin d’aider à la relance. Sans investissement supplémentaire, le taux de chômage en Europe atteindra les 25 millions à la fin de l’année 2009, ont averti les socialistes. 

Le leader du groupe socialiste, Martin Schulz, a déclaré que le plan de relance économique de la Commission devait inclure un investissement plus important, une action contre les paradis fiscaux, et un témoignage de solidarité envers les Etats les plus touchés.

M. Schulz a reçu le soutien de Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti socialiste européen, lequel a déclaré au président de la Commission José Manuel Barroso, lors d’un débat à Strasbourg, qu’il n’en avait pas assez fait, et que les citoyens attendaient de l’Europe plus que ce qu’il proposait. Il a ajouté qu’il l’appelait à présenter un nouveau paquet de relance plus exhaustif. 

Les eurodéputés ont appelé la Commission à prendre des mesures exceptionnelles, y compris la facilitation de l’accès au fonds européen d’ajustement à la mondialisation, afin de soutenir les travailleurs dans diverses situations, et à offrir temporairement le soutien du fonds social européen pour l’emploi. Ces deux instruments devraient être immédiatement utilisés pour le financement des mesures dans le domaine de l’éducation tout au long de la vie, ont déclaré des eurodéputés. 

Parallèlement à la publication de ses prévisions, BusinessEurope a critiqué l’exécutif européen pour avoir échoué à aider les Etats membres à progresser vers les objectifs de la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi, alors qu’il restructurait leurs économies et leurs marchés du travail (EURACTIV 30/01/09).