Santé mentale des jeunes : face à une situation qui s'aggrave, l'UNICEF interpelle Élisabeth Borne
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, mardi 10 octobre, l’UNICEF France et une douzaine d’associations adressent une lettre à la Première ministre pour lui signifier l’urgence d’adopter une stratégie nationale en faveur de la santé mentale des jeunes.
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, mardi 10 octobre, l’UNICEF France et une douzaine d’associations adressent une lettre à la Première ministre pour lui signifier l’urgence d’adopter une stratégie nationale en faveur de la santé mentale des jeunes.
« La santé mentale constitue évidemment un enjeu de santé publique, mais il s’agit d’abord d’un droit fondamental pour chaque enfant », commencer par rappeler Adeline Hazan, présidente de l’UNICEF France, dans un communiqué de presse.
En 2021, près d’un jeune sur cinq aurait traversé un épisode dépressif, soit un chiffre en augmentation de 80 % par rapport à 2017, selon les chiffres de l’UNICEF. Toujours en 2021, le nombre d’appels passés à l’association SOS Amitié par des jeunes de moins de 14 ans a augmenté de 40 %.
« Alors que la situation ne cesse de s’aggraver, je réitère notre appel pour que la santé mentale soit une priorité absolue afin que chaque enfant puisse bénéficier du soutien et des soins dont il a besoin», poursuit Mme Hazan.
L’UNICEF et les autres associations signataires ont formulé des recommandations au gouvernement parmi lesquelles avoir plus de données sur la santé mentale des jeunes, mettre en place des campagnes de sensibilisation, renforcer l’accès à la prévention et aux soins et porter une attention spécifique aux enfants des territoires d’Outre-mer
Selon Santé publique France (SPF), la santé mentale des Français reste dégradée en 2023, une tendance constante depuis septembre 2020. Cette dégradation concerne plus particulièrement les adolescents et les jeunes adultes (18-24 ans).
Par exemple, en septembre 2023, les passages aux urgences pour geste et idées suicidaires, épisodes dépressifs et troubles anxieux ont augmenté chez les enfants de moins de 18 ans.
«Les données recueillies depuis 2020 témoignent d’une dégradation de la santé mentale chez les adolescents et jeunes adultes et d’une perception encore taboue de ces problématiques », a alerté Dr Caroline Semaille, directrice générale de SPF dans un communiqué de presse publié lundi (9 octobre).
À partir de mardi et jusqu’en décembre, Santé publique France va diffuser sur les réseaux sociaux une série de vidéos pour sensibiliser les jeunes à la santé mentale et à prendre soin d’eux.
Le 27 septembre dernier, Elisabeth Borne avait déclaré que « la santé mentale des jeunes victimes de harcèlement, et plus généralement de tous les jeunes, est une priorité ». Affaire à suivre.