Scandale dans la presse britannique et réglementation de la concurrence

La révision prévue de la réglementation britannique de la concurrence, suite au scandale impliquant le groupe News International qui a secoué le gouvernement de coalition du premier ministre, David Cameron, pourrait avoir des répercussions à Bruxelles.

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La révision prévue de la réglementation britannique de la concurrence, suite au scandale impliquant le groupe News International qui a secoué le gouvernement de coalition du premier ministre, David Cameron, pourrait avoir des répercussions à Bruxelles.

Ce scandale s’abat sur les écoutes téléphoniques présumées de près de 4 000 personnes par le feu journal News of the World, mais concerne surtout des accusations de connivence avec la sphère politique, la police et la presse, qui auraient étouffé les enquêtes officielles.

L’affaire a occasionné la fermeture du journal et coûté le poste de trois membres de la direction de News International, ainsi que celui du directeur de Scotland Yard et de son second, dimanche et lundi (18 juillet).

David Cameron lui-même est actuellement dans la tourmente pour avoir nommé  comme son porte-parole Andy Coulson, ancien rédacteur en chef du journal.

De nouveaux tests de concurrence pourraient soulever des questions à Bruxelles

Le vice-premier ministre britannique, le libéral démocrate Nick Clegg, a affirmé samedi (16 juillet) que des tests sur la pluralité des médias, pour déterminer si les transactions dans le secteur auront des conséquences anti-concurrentielles, représentaient une garantie.

Il a toutefois affirmé que plutôt que d’appliquer de tels tests uniquement en cas de transactions, les entreprises devraient y être assujetties en permanence.

Même si les Etats membres protègent jalousement leurs pouvoirs individuels s'agissant de réglementer les affaires de concurrence dans le secteur des médias, une action visant à établir des lois qui permettent d’évaluer les entreprises en permanence plutôt que suite à un événement particulier poserait la question de savoir quand Bruxelles évaluerait la réglementation concernant la concurrence.

La Commission, qui a validé la proposition de News Corp de Rupert Murdoch de racheter la chaîne satellitaire BSkyB en décembre 2010, s’est penchée sur la question de savoir s’il y aurait un effet anti-concurrentiel dans toute l’Europe plutôt que sur le Royaume-Uni uniquement. Depuis, News International a cependant décidé de ne pas poursuivre ce projet.

Des appels ont également été lancés pour que les propriétaires de médias étrangers soient exclus de la propriété des médias à moins de résider au Royaume-Uni, une action qui ne serait pas en adéquation avec les lois européennes.

Un scandale de l’ampleur du Watergate

Cet après-midi, le Royaume-Uni et les médias internationaux se concentreront sur l’audience de la commission des médias du parlement de Westminster, qui examine l’affaire.

La commission interrogera le magnat de la presse Rupert Murdoch, son fils James Murdoch, président de BSkyB, et Rebekah Brooks, l’ancienne directrice de News International qui a démissionné la semaine dernière et a été arrêtée par la police ce week-end en raison d’accusations de corruption.

L’absence de David Cameron du Royaume-Uni (il était en Afrique), la remise en cause de sa décision de nommer Andy Coulsen et la démission de personnes haut placées contribuent au climat d’inquiétude régnant à Downing Street, qui pourrait s’en trouver éclaboussé.